En partenariat avec Mediapart, le Laboratoire des idées va contribuer au débat sur l’identité de la France en assumant «les lignes de différence qui nous opposent à une vision conservatrice, repliée et manipulatoire de l’identité collective de notre pays». En introduction, la tribune de Christian Paul, président du Laboratoire des idées, parue le 26 octobre dernier sur Mediapart.

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La droite française se prépare à une offensive sur le terrain de l’identité nationale. Nicolas Sarkozy a donné rendez-vous à l’Ecole Militaire le 4 décembre prochain, sous les auspices de l’Institut Montaigne. Eric Besson, dont les charters indignes vers l’Afghanistan trahissent la France, accompagne la manœuvre. Dissertation ou diversion? Quand la crise s’installe durablement, que le parti majoritaire se divise et pointe les échecs de ses choix politiques, l’appel symbolique à la nation relève d’une méthode déjà éprouvée de gouvernement, vertueuse en apparence, mais portée par d’évidentes arrière-pensées.

Devons-nous, sous prétexte que l’artifice est visible, déserter le débat public? Faut-il craindre un de ces brouillages de repères, inscrit sur l’agenda présidentiel friand de tels exercices? Déminons le piège. D’abord, parce que la France est notre bien commun, et c’est «une interrogation pour tout le monde», disait Braudel. Ensuite, parce que l’occasion parait propice de mettre en avant d’autres idées de la France. Qualifions et assumons les lignes de différence qui nous opposent à une vision conservatrice, repliée et manipulatoire de l’identité collective de notre pays.

Il y a fort à parier que ce débat, même relancé dans des conditions inquiétantes, portera d’abord sur l’histoire nationale, l’immigration, et les valeurs républicaines. La gauche française, qui se réarme ces temps-ci, doit dire sa part de vérité. Le récent tour de France entrepris par Martine Aubry nous a conduits chaque soir à des échanges d’une intense vérité, quand font irruption grâce à la parole de citoyens, à Cachan, Auch ou Grenoble, la brutalité des discriminations, le refus des ghettos et des charters, ou l’appel à l’égalité et à la fraternité.

De l’histoire, il a été fait un trop grand abus mémoriel au cours des années récentes pour que le roman national ne devienne pas, à marche forcée une fiction marketing ou une invention bling-bling. Confisquer l’histoire, c’est déjà confisquer un peu de la démocratie. Le pouvoir, souvent, use et abuse de l’histoire, quand il oublie qu’elle doit avant tout servir la connaissance, la critique, l’émancipation. Si l’histoire ainsi faite se résume à une commémoration brouillée, à une invocation émotionnelle, elle ne sert ni la France, ni la résolution de ses problèmes.

De l’immigration, il sera fait régulièrement un usage pré-électoral réveillant le «péril migratoire». Mais la controverse va au-delà, puisque la diversité possible et assumée de la France est mise en doute et donc en danger. «La population issue de l’immigration de la seconde moitié du XXe siècle, qui en est maintenant à sa troisième génération, n’a toujours pas reçu les  codes d’accès». Dans cet interview de Jean-François Copé, passée presque inaperçue dans Le Monde du 17 octobre, on croit lire, mutatis mutandis, un bout du discours, lourd de dérapages, prononcé à Dakar par Nicolas Sarkozy…

L’obstacle culturel – présumé – à l’intégration  vient occulter les discriminations économiques, les échecs urbanistiques et les villes-ghettos, ou ce qui reste de racisme dans notre pays. Pour autant, parmi ceux que visent cette sentence et les discriminations quotidiennes, la très grande majorité est hyperadaptée, formée, de plus en plus diplômée, pressée de ne plus être ainsi stigmatisée. Encore partagée, la société française reconnait de plus en plus la nécessité de l’immigration. Le pays se sait métissé, multicolore et multiculturel à la fois. Les Français ont une vision de leur appartenance nationale qui renvoie moins à une essence qu’à un comportement ou une éthique. La nation est un message, une promesse autant qu’un héritage.

Etre Français, si telle est la question posée, c’est adhérer à des valeurs et les pratiquer. Les Français nous le disent quand on les interroge: leur fierté se révèle quand les valeurs républicaines sont appliquées et pas seulement proclamées dans des discours officiels sans lendemain. L’égalité se gagne ou se perd à l’école, à l’entrée de l’hôpital ou dans le regard d’un DRH. La fraternité se gagne ou se dissout devant la porte d’une préfecture, dans l’angoisse d’une expulsion qui vise le pauvre comme l’étranger, et leur famille.

De tout cela, il faut se parler en France, et pas seulement entre Français. C’est une affaire de civilisation, et pas seulement d’identité. A l’interrogation étriquée, déjà rétrospective, que l’on nous ressert, nous devons préférer la quête inlassable d’un projet pour une «société décente» qui respecte non seulement les Français, mais aussi ceux qui au fil de l’histoire, nous ont rejoints. Nous devons aussi sans cesse explorer les voies de la mondialité, notre nouvel internationalisme dégagé des empires, qui évite le repli hexagonal. Pas plus qu’il n’y a de mondialisation «heureuse», la France ne saurait se priver d’un humanisme en prise sur le monde.

33 réponses à “Introduction au débat sur l’identité de la France: tribune de Christian Paul”
  1. Caro 971 dit :

    L’identité nationale passe par nos valeurs : LIBERTE – EGALITE – FRATERNITE. Si la liberté est à peu près réalisée ; le défi de cette ère est certainement celle de l’égalité : égalité pour tous les jeunes diplomés pour trouver un emploi, égalité de traitement pour tous les pédophiles, égalité devant la justice pour tous les magouilleurs. Lorsque nous seront TOUs égaux, la fraternité et l’amour du drapeau et de la marseilleille suivront sans dificultés.

    L’identité nationale se concrétise par tout un tas de petite chose du quotidien, comme sur le « site de france télevision » où les journaux télévisés des DOM sont associés à l’Afrique et non pas aux autres journaux régionaux de la France, Pourquoi ? Pourquoi les département d’outremer ne sont-ils pas associés à la France, mais toujours mis de côté.

    Enfin, pourquoi ne pas être Français tout simplement, au lieu d’être « Fier » d’être français ; En étant simplement Français nous pourrions accepter TOUTE notre histoire, les idées de lumièreaussi bien que l’esclavage et la colonisation. L’avenir de la France et des Français est dans l’acceptation de soi et des autres.

    PS: Il serait intéressant que les internautes puissent voir les différents commentaires, afin d’enrichir les débat.

  2. Franade dit :

    Comment peut-on limiter les valeurs républicaines à une identité nationale ? Comment peut-on être assez stupides pour entrer dans un débat qui non seulement ne concerne en rien la gauche mais est tout simplement contraire à ses valeurs ? Comment peut-on être incapables d’affirmer avec force et conviction que la gauche n’a rien à dire sur ce sujet ? Comment peut-on laisser se refermer ce piège sur nous sans réaliser qu’aborder ce débat, c’est valider toute une mythologie qui ne devrait appartenir qu’à la droite ?

    Vous parlez d’égalité, Caro 971. Imaginez alors un débat sur l’égalité et dites-nous quelle place pourrait y tenir une droite umpiste et décomplexée. Elle y serait bien évidemment nulle parce que contraire à son idéologie.

    Tout comme l’identité nationale est contraire à l’idéologie de gauche.

  3. Serge ULESKI dit :

    Identité française : un débat scélérat

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    Un débat sur l’identité nationale !

    Non ! Sans blague !

    N’est-ce pas avec de pareils sujets que l’on prépare et gagne les élections quand on est de droite ?

    ***

    L’identité nationale ?!

    A la fois litote et euphémisme, cache-sexe de la question de l’immigration, et par ricochet subliminal, des immigrés… noirs, musulmans, arabes et la menace qu’eux tous feraient peser sur l’identité française…

    Car vous trouverez toujours une majorité d’électeurs pour penser : «L’identité nationale, c’est l’immigration ; et l’immigration c’est l’intégration ; et l’intégration, ça concerne en premier lieu les noirs et les arabes ; mais ce n’est certainement pas l’affaire de la société française dans son ensemble ! »

    Et ça, la droite décomplexée le sait mieux que personne.

    ***

    A l’initiative du gouvernement, dont la légitimité ne s’étendra et ne durera guère au-delà du temps qu’il lui sera donné de représenter une majorité dite « présidentielle », elle-même sujette au bon plaisir et aux humeurs d’un électorat instable et taciturne ce débat dont il se propose d’assurer la coordination, maître d’ouvrage et maître d’œuvre, client et fournisseur tout à la fois, ainsi que la « synthèse » avant une conclusion qui, nul doute, étant donné les personnalités en présence et leur penchant idéologique (ministères de la justice, de l’intérieur et celui dit « de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire ?!….. » aux relents pétainistes), sonnera comme un avertissement, un coup de semonce adressé à tous ceux qui seraient tentés par une identité autre, ou bien tout autre, ou bien encore multiple, sans oublier ceux qui, abandonnés culturellement et économiquement, peinent à donner un sens à cette identité qu’on leur voudrait française quant à leurs devoirs et étrangère quant à leurs droits ou bien plutôt, quant à ce qu’il leur sera permis d’espérer pour eux-mêmes ; et d’autres encore qui ont déjà choisi l’option « religieuse », sans nationalité, sans frontières à revendiquer ; ailleurs ils sont et leur retour au sein du credo républicain gravé dans le marbre, au cœur de pierre, plus idéologique que pragmatique, avec ses prêcheurs décidément toujours pas payeurs pour un sou, et qui ne se reconnaissent le plus souvent aucune obligation de résultats, ne se fera pas sans heurts ni déchirement.

    Aussi, quiconque participe à ce débat sans prendre au préalable le soin de dénoncer la malhonnêteté d’une telle initiative, se fait le complice d’une gigantesque entreprise de manipulation des bonnes volontés – bonnes poires ? Sans oublier les bavards qui verront là une opportunité supplémentaire de se montrer – Slama, Finkielkraut, Ramadan and Co.

    Mais alors… que les bavards se taisent ! Qu’ils laissent Besson, l’homme des basses besognes et son acolyte Hortefeu, celui qui ose dire tout haut ce qu’il croit entendre tout bas, porter seuls le fardeau du déshonneur qui ne manquera pas, tôt ou tard, de retomber sur eux car…

    A aucun moment, il ne sera question – faute de volonté politique depuis deux générations -, d’affronter la crise structurelle à la fois économique et culturelle qui frappe les classes populaires, et plus particulièrement les Français issus de l’immigration sur-représentés au sein de ces classes.

    Volonté politique sans laquelle, pourtant, tout débat autour de l’identité française se soldera par la marginalisation, le rejet et une ghettoïsation croissante de millions de Français…

    Que personne n’obligera à voter, il est vrai !

    ***

    Tous les coups sont donc permis comme… ce débat qui n’a pas lieu d’être sinon… à des fins de réconcilier des pans entiers de notre société.

    Mais qui, sérieusement, peut croire qu’un Sarkozy, qu’un Hortefeu et un Besson puissent incarner la possibilité d’un quelconque début de réconciliation nationale ?

    Il est permis d’en douter et de soupçonner (oui ! le soupçon ! encore le soupçon !) des intentions bassement partisanes depuis qu’en politique on s’autorise tout, sans honte ni retenue.

    Alors non ! Il n’y aura pas de débat tout simplement parce qu’il n’y aura pas la volonté politique d’écouter et de comprendre qui que ce soit qui n’ait pas déjà été entendu et compris – et bien compris ! -, et dont le vote de soutien dans les urnes sera assuré à ceux qui auront organisé ce débat-scélérat, prélude à une échéance présidentielle dont le candidat, faute de pourvoir afficher un bilan économique et social porteur d’espoirs pour le plus grand nombre, n’aura qu’un seul axe possible de compagne : le bon vieux recours au bouc-émissaire et au procès d’intention à l’égard de ceux qui dénonceront cette manœuvre déshonorante.

    • V Rey dit :

      Eh bien moi, que l’on débate de l’identité nationale ne me choque pas outre mesure.

      Après tout, il y a quand même des valeurs auxquelles on tient dans ce pays. Et il se trouve que depuis quelques années, on les voit menacées.

      A la télévision par exemple : le remplacement du film du dimanche soir par une série américaine, me semble être un symbole de notre soumission à la culture américaine. Le film du dimanche soir était une institution, quelque chose qui nous réunissait, que l’on partageait. Il était français, ou américain ou espagnol ou autre. aujourd’hui, c’est une série américaine. A l’heure de plus grande écoute, on est passé d’un spectacle ouvert au cinéma du monde, à un spectacle assez médiocre, et systématiquement américain.

      Dans nos verres aussi : la culture du vin que l’europe tente d’attaquer. N’a-t-on pas vu proposer de fabriquer du rosé à partir de vin blanc et de vin rouge ? D’introduire d’autres graisses que celle du cacao dans le chocolat ? Le système des appellations aussi, qui se voit attaqué de toutes parts par des groupes de pression qui voudraient vendre un vin standardisé, sans référence aux terroirs, comme on vent du coca-cola ! (voir Mondovino, ce très bon film)

      Le partage du vin, il me semble que ce n’est pas négligeable dans ce pays ! Cela fait partie de notre identité nationale, et j’ai envie de le défendre ! Pourquoi les socialistes ne montent ils pas au créneau ? Pourquoi restent ils dans le politiquement correct, consistant à dire, en simplifiant un peu, « le vin c’est mal, et il ne faut pas boire en conduisant ». Non ! le vin c’est bien ! on en est fier ! et on peut même conduire sans problème après avoir bu une bonne bouteille avec les copains !

      Dans nos assiettes aussi : nous devons défendre les fromages au lait cru, attaqués pour de mauvaises raisons, par des gens qui voudraient standardiser les fromages. Adieu les Munsters, les Camemberts, les Roqueforts, les bleus au gout si frais, améliorés depuis des siècles….si on se laisse faire.

      La suppression prochaine des départements est une atteinte à l’identité nationale, qui tente de casser des références historiques et géographiques qui font la diversité de notre territoire, et toute sa richesse. Que font les socialistes ? ils devrait s’arc-bouter contre ce projet !

      Au travail aussi, notre identité nationale est atteinte. Les « call centers » par exemple me semblent être une atteinte à la conception française du travail. Que sont ces dialogues automatisés, transformant les personnes en robots parleurs sans liberté de parole, ni même de pensée, et sous surveillance constante ? Devons nous accepter que des entreprises asservissent à ce point des personnes sur notre territoire ? Est ce compatible avec la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen ?

      Dans le paysage enfin. Les marées vertes ne portent elles pas atteinte à l’identidé de la Bretagne et donc de la France ? la position française sur les OGM, aussi, n’est-elle pas une démonstration fulgurante de ce que le population s’oppose à ces attaques du marché contre notre identité nationale ? Que faisons nous , nous les socialistes, pour donner un écho à tous les gens que ces atteintes font.. suer pour ne pas dire pire ?

      Nous avons là un boulevard électoral ! défendons l’identité nationale oui, il faut le faire ! mais pas contre les jeunes zonards, contre le marché, contre l’europe et ses lobies, qui tentent de nous modeler, pour nous rendre plus conforme à leurs ambitions.

      Vincent Rey

      • Franade dit :

        Invoquer a télé, le pinard et le claquos pour faire des voix…

        Je trouve cela juste lamentable.

        • V Rey dit :

          Et peut-on savoir pourquoi ? en quoi est ce qu’évoquer le vin, le claquos, ou la télé est-il lamentable ? Je note au passage que les propos électroniques aboutissent inéluctablement à ce résultat, de quelqu’un qui s’estime suffisamment au dessus de la mêlée pour trouver quelquechose lamentable, sans pour autant estimer devoir le justifier d’aucune manière. A moins qu’à court d’idées, ce ne soit la recherche d’une sorte de combat (un de plus entre socialistes)…de toutes façons c’est nul. (justification ci-dessus)

          Voyez vous cher ou chère camarade Franade, au risque de vous choquer, je pense que si vous ne vous intéressez plus ni au claquos ni à la télé ni au vin, vous avez un sérieux retour à faire aux fondamentaux du socialisme, qui ne saurait cependant se limiter à cela. Jaurès si ma mémoire est bonne, a commencé sa carrière politique en défendant des viticulteurs. Eh oui…des viticulteurs qui sentent sous les bras avec de la terre sur les chaussures…pas des danseurs de ballet parfumés !

          Secundo concernant la télé, vous estimez certainement que c’est un mauvais spectacle, souvent trop vulgaire pour vous, qui lisez peut-être des livres, et donc la télévision ne mérite pas que les socialistes, qui sont l’élite de la classe intellectuelle et politique dans ce pays, s’y intéressent. Nous socialistes, nous sommes au dessus de cette fange, nous sommes une caste à part n’est ce pas ?

          Je pense pour ma part, qu’ils (les socialistes) feraient bien de s’intéresser dare-dare à ce qui fait la vie des gens dans leur quotidien (qui est loin de se limiter à l’école), s’ils ne veulent pas se rétamer bien grave – si vous voulez bien me pardonner, chère Franade, cette intrusion en langage populaire – lors de la prochaine élection présidentielle.

          En conclusion, on peut porter des lunettes, et aimer mordre de temps à autre, dans un bout de camembert, cela n’est pas incompatible avec le goût de la lecture. Ou bien faut il renier le camembert et le beaujolais, pour faire partie du PS ?

          Vincent Rey

          • Franade dit :

            C’est même plus grave que je ne le pensais, V Rey, puisque vous en arrivez même à définir la télé, le pinard et le claquos comme les fondamentaux du socialisme…

            Je pourrais vous taxer de populisme mais ce serait entrer dans votre jeu, ce serait considérer que les aspirations politiques du peuple se limitent à la télé, au pinard et au claquos, et que c’est donc de cela que nous, socialistes, devons lui parler pour avoir une chance qu’il nous tende l’oreille. Ce que je ne crois pas. Alors non, les socialistes ne sont pas une caste à part, les socialistes sont des hommes et des femmes politiquement éclairés dont la mission est de construire une société juste, de supprimer les inégalités sociales autant que faire se peut. Et cela passe effectivement et entre autres par une école performante.

            Et je me fiche éperdument d’une victoire à l’élection présidentielle fondée sur vos promesses en matière de télé ou de vin. Je veux une victoire présidentielle fondée sur la proposition d’un projet réellement socialiste, je veux l’adhésion majoritaire du peuple à un tel projet et je veux que le parti socialiste se donne les moyens d’une pareille victoire.

            Enfin, il y a une énorme différence entre défendre les viticulteurs et défendre le vin.

  4. V Rey dit :

    Et peut on savoir comment le parti socialiste va s’en donner les moyens ? en faisant un projet sur l’école et les hopitaux, avec une touche de réforme fiscale ? Cette manie que vous avez tous, de vouloir priver le PS de la moitié de l’électorat.

    Bien sûr que non, le pinard le vin et le camembert ne sont pas des fondamentaux du socialisme ! Mais le partage du vin, une certaine convivalité, l’amitié entretenue autour de la table, et aussi l’art de la conversation, une certaine simplicité, un goût pour les plaisirs simples et souvent non marchands, comme la bonne cuisine, l’amour, ou tout simplement jouir de la nature, tout cela se détache nettement de l’esprit mercantile, et du « toujours plus » anglo-saxon. Ce sont des valeurs françaises, et populaires, que le marché tente de nous arracher, et que nous socialistes, nous devrions défendre.

    Ce d’autant plus que ce modèle de société anglo-saxon, vers lequel l’Europe continue de tendre, montre maintenant ses limites : consumérisme organisé et planifié (à l’insu et aux frais du consommateur), totalement dénué de scrupules environementaux ou sociaux, exploitation maximale de l’homme dirigée maintenant vers les pays ou la main d’oeuvre est la moins chère, sans souci d’éthique ou de santé…bref, c’est le moment ou jamais : la maximisation du profit a du plomb dans l’aile.

    Si vous ne voyez pas que la gastronomie fait partie de l’esprit français, et que c’est un trait majeur de notre culture, je ne sais plus quoi vous dire. Quelques chiffres peut être…environ 400 fromages, à peu près autant d’AOC, des cochons, des saucissons et des vaches partout…vous pensez que tout cela est le fruit du hasard ? Voyez vous un autre pays où cela existe ?

    Mais puisqu’on parle du vin, du pinard comme vous dites, élargissons un peu le débat sur le plan économique, si vous voulez. Je viens de lire un truc intéressant sur Wikipedia. Le plan de restructuration du secteur viticole s’articule autour de deux types de produits : ceux que l’on rattache au « marketting de l’offre », les produits du terroirs et les AOC, et ceux que l’on rattache au « marketting de la demande », tous les vins que l’on veut pouvoir vendre comme du coca cola, ouverts aux « nouvelles technologies », comme par exemple les copaux de bois.

    J’y vois une sorte de symbole, car qu’est ce donc que le « marketing de la demande » ? C’est justement ce que fait coca cola, et le type de consumérisme qu’on peut associer à Coca cola.
    Lorsqu’on achète une bouteille de coca-cola, une part non négligeable (et non négociable) est directement consacrée à sa publicité, omni-présente comme chacun sait. Cette publicité a un impact, autrefois on appelait cela de la propagande, mais depuis Goebels, le terme propagande a été jugé désuet par les publicitaires, qui avaient envie de promouvoir leur science. Or Coca cola, ce n’est malgré tout qu’un vendeur de sodas, et cela représente seulement 50000 personnes au travail sur la planète. Quel bruit énorme fait par aussi peu de gens, pour quelquechose d’aussi insignifiant que la vente d’une boisson sucrée, totalement standardisée !. C’est cela le « marketting de la demande », en termes plus négatifs, on pourrait appeler cela le « productivisme de la vente ».

    La question que je me pose : est ce utile, et souhaitable, que les gens s’incitent eux même, par leur consommation, à boire de plus en plus de coca-cola ? Il me semble qu’il y a là une sorte de dévoiement de l’économie de marché, à l’heure où l’épidémie de diabète explose dans les pays industrialisés.

    A contrario, le petit viticulteur français s’applique à travailler sa vigne pour faire un bon vin, comme jadis son père et son grand-père. Il n’a pas les moyens ni même l’envie de faire de la propagande de masse. Il s’applique à faire une belle étiquette, et il vent son vin dans les magasins, à des responsables de magasin avisés, qui connaissent la qualité de son travail. Les gens le trouvent bon, et reviennent au magasin pour en acheter. Ca, c’est plutôt le « marketing de l’offre ».

    Eh bien il me semble que l’économie de marché du futur (car il faut la réinventer) ferait bien de privilégier ce petit viticulteur, car ce type de production et de consommation, non stimulé par la propagande, assez français dans l’esprit, me parait nettement plus compatible avec la survie de l’homme sur la planète. Cela reste malgré tout une économie de marché, puisque l’offre se confronte librement avec la demande.

    Vous le voyez, Chère Franade, ma réflexion sur le vin ne se limite pas comme vous le laissez penser, à inciter les gens à boire du pinard. Elle s’éloigne assez nettement de la vision « christique » que vous avez du socialisme…je vous cite « Alors non, les socialistes ne sont pas une caste à part, les socialistes sont des hommes et des femmes politiquement éclairés dont la mission est de construire une société juste ». On voit que vous y croyez…ainsi les socialistes et leur leader (qui reste à trouver) comme jadis le Christ, seraient tout à coup éclairés d’une lumière divine, et on verrait les brebis égarées du sarkhozisme nous rejoindre, pour construire un monde plus juste !

    Vous feriez mieux de rentrer un peu dans le détail de ce qui ferait un monde plus juste, et en avoir une vision large, ouverte sur l’ensemble de la société, plutôt que d’attendre que les brebis égarées rejoignent l’auréole de tel ou tel, parceque les ovins ne vont pas changer de troupeau en nombre suffisant, quand bien même Ségolène Royal finirait par ressembler totalement à la vierge marie, avec l’aide de son staff du show-biz.

    Vincent Rey

    • Franade dit :

      Vous confondez, V Rey.

      Vous confondez le fond et la forme de mes phrases : je n’ai en rien une vision christique du socialisme mais la politique étant pour moi un sacerdoce, je ne vois aucun problème à employer le vocabulaire religieux comme figure rhétorique lorsque j’en discute.

      Etre éclairé politiquement, c’est justement bien cerné le domaine politique et votre partage du vin ou autre convivialité, c’est bien joli, mais cela n’a rien à voir avec de la politique et cela n’a donc rien à faire dans un débat politique. Voilà précisément l’un des moyens que doit se donner le PS pour gagner l’élection présidentielle : réapprendre à limiter son discours au seul champ du politique et éviter tout populisme en parlant de tout et de n’importe quoi avec l’espoir que cela ramènera des voix.

      Ensuite, la gauche privilégie l’individu à la communauté dans les rapports sociaux. C’est en cela qu’elle n’a rien à dire sur l’identité nationale si ce n’est que la seule et bonne définition de l’être français est celle que chaque individu veut bien se donner. Toute tentative de prédisposition sociale de la tradition sur l’individu est contraire aux valeurs de la gauche.

      Enfin, votre réflexion sur le vin est bien incomplète et oublie de signaler que les producteurs longtemps soutenus par le marché intérieur lorsqu’ils étaient à un stade d’investissement, on choisit bien vite le marché de l’exportation et du luxe en proposant des prix élevés. Du coup, le marché intérieur s’est tourné vers des vins étrangers et garde rancune vis-à-vis de la production nationale.

      • V Rey dit :

        Non, on ne peut pas utiliser de « rhétorique religieuse » pour parler de politique, et qu’est ce que la politique, si elle ne reste que dans le champ du politique ?

        D’ailleurs qu’est ce que ça veut dire, de « limiter son discours au seul champ du politique » ? Cela ne veut rien dire, et cela corrobore la critique que je faisais dans mon précédent post. Il me semble que vous faites de la politique un domaine séparé, exactement comme s’il s’agissait d’une religion.

        Par contre, ce qui m’étonne, c’est que vous pensiez que le PS se serait éloigné de cela, alors qu’il me semble plutôt qu’il ne cesse de s’en rapprocher. Enfin ! souvenez vous ! S Royal aux dernière élections… »aimons nous les uns et les autres » ! jamais on avait entendu ça avant, dans un discours politique du PS !

        Je développe : lorsqu’on va à la messe, on entend parler de Dieu, et des saints. C’est un discours qui s’appuie toujours sur les mêmes textes, peu ancré dans le quotidien, et je n’y vois rien de particulièrement critiquable, pour les gens qui aiment ça…je trouve juste cela un peu détaché du réel et un peu ennuyeux.

        Mais la politique ça doit être le contraire : comment peut on bâtir un projet politique sans se baser sur la réalité ? et que sont des idées politiques si elles ne trouvent aucun écho dans la vie des gens ? Si elles se contentent de concepts abstraits, comme par exemple la « recherche de justice sociale »…Tout le monde la souhaite…c’est une sorte de paradis ou de communion la « justice sociale » non ?

        Et puis cette quête au PS de l’homme ou de la femme providentielle…qui nous sortirait de la mouise…ça ne vous rappelle pas l’attente (et non pas la tente…!) du prophète ?

        Je m’étonne beaucoup que vous trouviez populiste de réfléchir sur la vie des gens, ou sur tel ou tel aspect négatif du marché, en prenant exemple sur le vin, ou sur autre chose. Je note que ma réflexion sur le vin, que vous avez doctement trouvée incomplète, vous a ramené (et moi avec) à une sorte de vide, puisque depuis 10mn, je dois maintenant tenter de redéfinir ce qu’est la nature de la politique, ce qui est assez ennuyeux.

        C’est un peu comme les poètes, qui discutent sur la nature de la poésie, en tant qu’art…il ne faut pas l’interdire, mais cela reste moins intéressant que la poésie elle même, non ?

        La politique c’est pareil. La politique qui réfléchit à la politique ou à la prise du pouvoir, ça n’intéresse pas grand monde et c’est très ennuyeux.

        Par contre, la politique qui réfléchit à l’énergie, qui réfléchit au marché, qui réfléchit à la recherche, à la valeur ajoutée, à l’information, au train, aux conditions de travail…etc, là ça devient intéressant pour les gens.

        Et ce n’est pas parler de tout et de n’importe quoi, ni être populiste. Au contraire, je considère que c’est être démaguogue, que de vouloir faire de la politique, sans réfléchir à tout ça.

        Dieu est bon, le PS est bon : ce sont deux propositions démagogiques !

        Vincent Rey

        • Franade dit :

          Ah mais je ne suis pas en train de vous dire que la politique n’est qu’abstraction et débat d’idée, je suis en train de vous dire que débattre de convivialité ou autre partage de vin, c’est concrètement nul politiquement.

        • patrick kaplanian dit :

          Moi je suis d’accord avec vous V Rey, le vin, le fromage, la télé cela fait aussi partie de la culture donc de l’identité. Mais peut-etre auriez-vous été moins attaqué si vous aviez pris des exemples plus nobles, si vous aviez parlé de Lacan et de Lévi-Strauss.
          Mais s’il y a une culture populaire et une culture savante en France il est un fait que les deux foutent le camp sous les coups d’une sorte d’impérialisme culturel anglo-saxon. D’un coté les mauvaises séries US remplacent de plus en plus des films de qualité et la chanson anglo-saxonne qui nous envahit est d’une pauvreté désolante pour celui qui comprend les paroles. De l’autre nos scientifiques de haut niveau s’expriment de plus en plus en anglais.

  5. patrick kaplanian dit :

    Voici donc relancé le débat sur l’identité nationale !
    La création du ministère de l’immigration et de l’identité nationale était une des promesses de campagne de Nicolas Sarkozy. Lors d’un discours à Besançon, le 13 mars 2007, le candidat réaffirmait ses intentions : « Parler de l’identité nationale ne me fait pas peur », même si « pour certains c’est un gros mot. (…) Je ne veux pas laisser le monopole de la nation à l’extrême droite. Je veux parler de la nation française parce que je n’accepte pas l’image qu’en donne Jean-Marie Le Pen. »
    Ce qui était déjà clair à l’époque c’est que la question de l’identité nationale était liée à celle de l’immigration. Le fait même de créer un « ministère de l’immigration et de l’identité nationale » le prouve.
    Au moment où le débat faisait rage, très exactement le 22 février 2007, était inaugurée par le premier ministre Dominique de Villepin la Paris School of Economics un établissement universitaire de très haut niveau 100 % en anglais et doté de 20 millions d’euros par l’Etat français. Quelque soit leur rivalité il y a au moins un point sur lequel MM de Villepin et Sarkozy s’accordent : l’américanisation du pays.
    Car si j’ai bien compris le débat à l’époque, une poignée d’Africains et d’Arabes reclus dans les banlieues, souvent chômeurs et n’ayant en tout cas que peu de poids dans la vie politique et économique du pays, mettaient en danger l’identité de la France tandis que la formation de nos élites de haut niveau dans une langue étrangère ne la mettait pas.
    A ce que je sache ce n’est pas de l’arabe que je vois sur les affiches de cinéma, les publicités dans la presse et dans le métro. Ce n’est pas en arabe que sont chantées jusqu’à 75 % des chansons sur certaines radios (et encore parce qu’il y a des quotas). Ce ne sont pas des chansons en arabes qui font la musique de fond des pubs à la télé. Alors où est le danger ?

    Depuis la dernière élection présidentielle les choses se sont accélérées. Des ministres comme Christine Lagarde et Bernard Kouchner ne perdent pas une occasion de s’exprimer dans la langue de Shakespeare dans des instances internationales où le français est pourtant reconnu. La ministre de la recherche déclare que l’anglais n’est plus une langue étrangère. L’ex- ministre de l’enseignement Xavier Darcos rêvait de faire de la France un pays bilingue. On impose ainsi l’anglais à des pauvres gosses qui ne maitrisent même pas leur langue maternelle. Le français recule à toute vitesse à Bruxelles sans que la France ne bouge le petit doigt, au contraire. Et M Sarkozy ne daigne même pas se rendre au sommet de la francophonie.
    Bien pire l’anglais est devenu la langue de communication à l’intérieur de certaines entreprises nationales, les scientifiques ne publient pratiquement plus qu’en anglais et certaines universités et laboratoires de recherches donnent des cours en anglais au prétexte qu’il y a des étudiants étrangers (étranger = anglo-saxon ?) alors que des programmes comme Erasmus doivent servir à des étudiants étrangers à apprendre d’autres langues. Enfin dans les lycées on a créé les classes EMILE (Enseignement d’une matière en langue étrangère, devinez laquelle ?) en violation de la loi Toubon.

    L’annonce faite dimanche 25 octobre par le ministre de l’immigration, Eric Besson, du lancement d’un vaste débat sur l’identité nationale avec les « forces vives » du pays a provoqué des réactions contrastées entre la droite et la gauche. Mais il semble qu’on en reste à lier l’identité nationale à l’immigration. Le fait que ce soit le ministre de l’immigration et de l’intégration qui a lancé le débat n’annonce rien de bon.
    Le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale Jean-François Copé a affirmé devant la presse à Paris que le débat sur l’identité nationale lancé lundi par Eric Besson était « absolument majeur » et « d’autant plus urgent que l’on est dans le déni depuis plus de trente ans ». « L’absence de discours politique sur le sujet a conduit à ce que la nation se fissure en silence », a poursuivi M. Copé qui a appelé à « un débat structurant pour les années à venir ». Tout cela est assez vrai à condition de ne pas se tromper d’adversaire. Je serai assez d’accord avec Mme Boutin, qui regrette ce débat soit « déjà associé presque exclusivement au problème de l’immigration et de l’intégration ».
    Selon une enquête CSA pour Le Parisien, les éléments constitutifs de « l’identité de la France » sont la langue (80 %), la République (64 %), le drapeau (63 %), la laïcité (61 %) ou la Marseillaise (50 %)
    La langue vient donc en premier : nos politiques feraient bien d’y réfléchir.

    Patrick Kaplanian

    • Franade dit :

      Pour donner un exemple politique à V Rey, je dirais qu’une bonne mesure dans le but de consolider une culture européenne sans léser aucune culture nationale eut été de créer une langue européenne afin de faciliter la communication entre les ressortissants (experts ou non) des pays membres de l’Union.

  6. kastanien dit :

    Non, il est normal que l’anglais soit la langue européenne : cette langue contient des racines saxonnes et françaises, elle est aussi proche de l’allemand que du français selon moi… Elle est ainsi aussi proche des langues du nord que celles du sud de l’Europe…
    C’est la langue la plus facilement partageable…
    Je ne vois pas l’intérêt d’en créer une autre…

    • Franade dit :

      L’intérêt est justement politique : favoriser une culture européenne par une langue européenne.

      En choisissant l’anglais, vous ne faites que favoriser une culture anglo-américaine qui, comme le message de patrick kaplanian le soulignait, n’a pas besoin de cela pour déjà être dominante.

  7. Camerlynck dit :

    Ce n’est pas en créant un espéranto que l’on va créer une identité Européenne, ni une Politique Européenne et non plus défendre une « identité nationale ».
    Je partage beaucoup de point avec V Rey et Patrick Kaplanian.
    La langue et notre culture sont des points essentielles de notre identité et cette identité oui s’exprime aussi à travers la dégustation de plat de fromage, de vin de parfum, de Vêtments et que sais-je encore. Quand Mao impose un uniforme à tout un peuple est-ce un hasard? Quand les africains abandonnent le Boubou pour le jean ou le costume cravate, cela sert les intérêts économiques de QUI? Il n’y a pas de débat sans se coltiner à la réalité. En quoi ne pas tenir compte de certaines coutumes et tradition ne serait-pas socialiste?

    Vous dites cher Franade
    « Etre éclairé politiquement, c’est justement bien cerné le domaine politique et votre partage du vin ou autre convivialité, c’est bien joli, mais cela n’a rien à voir avec de la politique et cela n’a donc rien à faire dans un débat politique. Voilà précisément l’un des moyens que doit se donner le PS pour gagner l’élection présidentielle : réapprendre à limiter son discours au seul champ du politique et éviter tout populisme en parlant de tout et de n’importe quoi avec l’espoir que cela ramènera des voix.

    Ensuite, la gauche privilégie l’individu à la communauté dans les rapports sociaux. C’est en cela qu’elle n’a rien à dire sur l’identité nationale si ce n’est que la seule et bonne définition de l’être français est celle que chaque individu veut bien se donner. Toute tentative de prédisposition sociale de la tradition sur l’individu est contraire aux valeurs de la gauche. »

    JE NE PARLE PAS DE PREDISPOSITION SOCIALE DE LA TRADITION SUR L’INDIVIDU, mais de tenir compte des habitudes et traditions. Toutes ne sont pas à jeter. Certaines seraient bien utiles à remettre en place pour une meilleure écologie! Ne pas réagir au débat sur l’identité c’est laissé la place au front national. Je n’ai pas voulu ce débat mais maintenant qu’il est là je ne me tairais pas. je prend mon bâton de pèlerin sur le net et ailleurs et je débats à nom découvert partout où je peux.

    • Franade dit :

      En introduction et puisque ce journal est mentionné par cet article-même, je me réjouis que Mediapart ait rejoint en compagnie de nombreux pétitionnaires le camp des « Nous ne débattrons pas » au sujet de l’identité nationale puisque c’est celui que je défends.

      En ce qui concerne votre message, Camerlynck, je ne cherche pas à créer une identité européenne mais une culture européenne, et l’Histoire est là pour témoigner que la culture européenne n’a pu être construite et briller dans des temps pas si anciens sans une communauté de langage, le latin en l’occurrence. Et si le mot culture a un sens alors une culture européenne ne peut naître d’une langue qui est aussi celle des Américains : il lui faut donc une langue strictement européenne pour voir le jour, et non nationale pour ne léser personne. S’il faut la créer alors que l’Europe la crée !

      Et je ne cherche en rien à jeter les traditions, je vous dis que si, pour vous et par tradition, il est bon de bouffer du claquos avec un bon pinard, pour d’autres et par tradition, il est bon de manger du couscous. Là où je rejette toute primauté traditionnelle sur l’individu en matière d’identité nationale, c’est lorsqu’on cherche à insinuer que tant les Arabes ne bouffent pas du claquos avec un bon pinard, ils seront de « mauvais » Français.

      Parce que c’est exactement dans ce genre de conclusions que cherche à nous emmener ce débat sur l’identité nationale, et je loue l’existence de ce « Laboratoire des idées » dans lequel viennent des gens comme vous ou comme V Rey qui sont finalement très proches de ces conclusions…

      Car l’un des phénomènes le plus intéressants de ce site va être, à mon avis, de faire prendre conscience à pas mal de gens de gauche (et ceci, y compris dans l’élite des partis) qu’ils défendent en fait des idées de droite ! Et cela va pas mal éclaircir, je pense, le pourquoi du comment des défaites socialistes au niveau national puisqu’il n’y aura jamais mieux que la droite pour défendre des idées de droite, d’où les résultats des présidentielles depuis 20 ans.

      Il faut donc que le PS sorte de cette mythologie droitière dans laquelle il se noie pour revenir à une vraie idéologie de gauche. Et je conclus comme j’ai débuté en me réjouissant de cette pétition qui prend un bon chemin dans cette voie.

      • patrick kaplanian dit :

        Je cite : « Et si le mot culture a un sens alors une culture européenne ne peut naître d’une langue qui est aussi celle des Américains : »

        Jusque là on est d’accord : pour affirmer sa personnalité l’Europe doit adopter une autre langue que celle des Américains. Mais justement je pense que ceux qui dirigent l’Eorope veulent créer un clone des Etats-unis devant lesquels ils sont béats.

        Je cite la suite de la phrase :  » il lui faut donc une langue strictement européenne pour voir le jour, et non nationale pour ne léser personne. S’il faut la créer alors que l’Europe la crée ! »
        Là cela devient irréaliste : on ne créera pas de langue par une directive de la commission européenne.

      • V Rey dit :

        Franade, il y a un gros malentendu.

        Je trouve curieux qu’en voulant défendre ce qui à mon avis constitue en partie l’identité française, comme la gastronomie, ou un goût pour les plaisirs non marchands, je me retrouve caricaturé en défenseur du « pinard et du claquos » voulant convertir tout le monde arabo-musulman aux produits laitiers et au jus de raisins fermenté.

        Je pense qu’on n’impose rien à personne. Pas plus l’espéranto qu’autre chose. On peut juste proposer à chacun de bien vouloir réfléchir aux problèmes, car sans poser les bonnes questions, on n’a aucune chance d’apporter les bonnes réponses.

        Et donc une fois pour toutes, la défense de la convivialité reste ouverte au couscous, je vous rassure Franade !

        Ce que je voulais dire, c’est qu’il y a des forces dans la société dont on ne parle pas assez à gauche, malgré l’émergence d’informations inquiétantes, et que ces éléments de notre identité nationale se trouvent attaqués par ces forces.

        Et que, lorsqu’on laisse des groupes puissants librement utiliser une partie de leur chiffre d’affaires à l’influence de masse, il ne faut pas s’étonner lorsqu’ils parviennent à leur fins : influencer les masses.

        Et cela revient au même, si ces moyens parviennent une fois à détourner une bande de copains de la dégustation conviviale d’un bon couscouss merguez, une autre fois d’une paela aux crevettes, ou plus traditionnellement d’un coq au vin, si cela envoie tout ce petit monde là toujours plus nombreux sur les banquettes standardisées du MacDo.

        Le résultat est le même : la déculturation, l’applanissement des diversités culturelles, et la référence unique à des produits standardisés, sur lesquels on n’a pas la bonne information.

        Vincent Rey

  8. Camerlynck dit :

    j’ai oublié ces anecdotes
    Un jour Jean Vilar créateur du Festival d’Avignon et nouveau directeur du TNP invita Bertold Brecht à diner dans un restaurant un plateau de Fromage très variés et Brecht dit : « Jean j’aimerais apporter ce plateau de fromage pour faire comprendre aux Allemands ce que c’est que la culture » Ce qui fit dire à d’autre la culture c’est savoir apprécier un bon camembert.

    Il y a quelques années parut dans le Monde une chronique signée de plusieurs chef de cuisine réagissant sur l’utilisation dans la nouvelle cuisine de légumes venant de l’étranger, soya et autres végétaux et fruits et rappelant la bonne tradition de la pomme de terre et autres racines ainsi que des fruits telle la fraise. Ces chefs bien français bien de chez, Oublie simplement que la Pomme de terre et autres patates (des centaines de variétés) viennent du Pérou, les oranges, les fraises, les maïs, et autres viennent d’Amérique Latine et non pas été inventés par Nous!
    La France a intégré beaucoup de mot étranger dans notre vocabulaire et de fruits et légumes dans sa cuisine enrichissant ainsi notre culture et donc notre identité. derrière ce débat je suis convaincu qu’il y a des intentions du Sieur Sarkozy pour abandonner à terme la Laïcité. Il faut relier ce débat à son discours de Latran et à son attitude au cours de Cérémonie tel l’enterrement du dernier poilu. Je me souviens que De Gaulle, Chrétien croyant pratiquant ne se signais jamais dans une cérémonie officielle ni ne communiait. Et pourtant il allait méditer dans une chapelle avant chaque conférence de Presse. On vit Sarkozy réciter le Notre Père se signer et Madame Boutin et quelques autres confrère également Ministre aller communier en direct à la tél! Est-ce là seulement l’effet du Hasard. Le fond et la forme c’est très important. Les symboles aussi. Il est temps que nos amis socialistes (dont je suis) le comprenne, certains actes sont plus importants que des discours.

  9. patrick kaplanian dit :

    L’identité nationale : le vrai problème c’est l’américanisation
    Pour moi l’identité c’est la culture.
    Je voudrais rouvrir le débat en reprenant les arguments de ceux qui voient autre chose dans l’identité nationale.
    1 ) Tout d’abord il y aurait le danger que représentent pour l’identité française une invasion d’immigrés qui ne s’intègrent pas. A ceux-là il faut répondre trois choses.
    A ) la première est que la France s’est faite d’une succession d’invasions et que le Français aujourd’hui est aussi bien gaulois, romain que franc. Alors pourquoi pas une strate de plus ?
    B ) La seconde c’est que si la machine à assimiler les Arabes et autres Noirs fonctionne mal ce n’est pas à ces derniers qu’il faut le reprocher mais à un système éducatif déficient. Évidemment quand on s’acharne enseigner l’anglais à des gosses parlant déjà mal le français on risque d’obtenir des résultats décevants. Et les quelques émigrés qui réussissent à faire des études supérieures ne trouvent pas de travail. Sait-on que 60 à 70 % des Argentins sont d’origine italienne ? Et les Turcs qui ont construit une nation en assimilant plus nombreux qu’eux (ils étaient de race jaune à leur arrivée, cela ne se voit guère dans la Turquie d’aujourd’hui) ? Et les USA, pays soi-disant anglo-saxon dont la plus grande partie de la population n’est pas d’origine anglo-saxonne ? Et qui encore aujourd’hui assimilent sans problème nombre d’Asiatiques et même de musulmans.
    C ) La troisième est que cette attitude ne définit pas une identité nationale. En admettant même que l’immigration met en danger l’identité nationale on ne dit pas pour autant en quoi celle-ci consiste.
    2 ) Ensuite il y aurait le cas particulier de l’islam intégriste. Certes l’intégrisme musulman est pour nous inacceptable mais une fois de plus cela ne définit pas une identité. Certes nous ne voilons pas nos femmes, nous ne les lapidons pas lorsqu’elles sont infidèles, nous ne leur imposons ni foulard ni burqa, nous ne coupons pas la main des voleurs etc. Mais cela ne dit pas qui nous sommes. Nous ne sommes pas des Aztèques non plus : nous ne faisons pas de sacrifices humains. Nous ne sommes pas des Papous : nous ne portons pas de coquillages dans le nez. On pourra multiplier les exemples autant qu’on veut : cela dira toujours ce que nous ne sommes pas mais sûrement pas ce que nous sommes.
    3 ) Ensuite il en en a pour nous parler du drapeau et de l’hymne national. Or il s’agit là de symboles de la nation pas de son identité. Cela revient à confondre le symbole avec la chose symbolisée.
    4 ) Vient ensuite l’étonnant argument comme quoi l’identité française c’est la République et accessoirement son slogan « liberté égalité fraternité ». Les Français auraient inventé la République et celle-ci serait au fondement de son identité. Cet argument mérite d’être étudié de près.
    A ) Il est vrai que la Révolution française est le fruit de plus d’un siècle de réflexion de philosophes essentiellement français et qu’il est donc logique qu’elle ait éclaté en France. La France est donc la patrie de la république, des droits de l’homme etc. Mais il ne faut pas oublier que tous les modèles politiques qui ont été véhiculés du XVIIème au début du XXème siècle étaient français. C’est l’absolutisme louis-quatorzième, la monarchie éclairée voltairienne, le bonapartisme, la définition de la nation par Renan etc. Pendant tout le XIXème siècle on s’est entretué au nom de modèles d’origine française. Et quoi de plus naturel lors qu’on se retrouvait à le table de négociations de parler français ? Même l’ultralibéralisme anglo-saxon est en partie français. Les Etats-Unis d’aujourd’hui sont une bureaucratie en comparaison du régime louis-philippard. Qu’on se rappelle Guizot et son « enrichissez-vous ».
    B ) Il ne faut pas oublier que la révolution française tout comme celles de 1830 et 1848 furent des feux de paille. Le régime républicain ne s’installera qu’après la guerre de 1870 et la chute de Napoléon III. Et encore avec une majorité monarchiste à la chambre ! C’est parce qu’Orléanistes et Légitimistes ne parvinrent pas à s’entendre que finalement la république triompha.
    C ) Mais surtout cela ne fait pas une identité. Aujourd’hui le régime républicain s’est répandu dans le monde entier. Certes il y a des différences par exemple entre une Allemagne très décentralisée et une France jacobine (mais qui évolue). Mais l’essentiel des principes républicains est partagé par une majorité de pays.
    Même les monarchies ne se distinguent plus des républiques. Quelles différences entre la L’Allemagne et la France d’une part l’Espagne, la Suède et le Japon de l’autre ? C’est toujours un système parlementaire avec des partis qui alternent et qui disent à peu près la même chose. Au point qu’on en oublie souvent que ce sont des monarchies.
    Il en est du système républicain ce qu’il en est des caractères latins et du système métrique. Qui pense à Rome lorsqu’il écrit en caractères latins ? C’est devenu un type d’écriture qui appartient à tout le monde (combien de fois pendant mes voyages ai-je entendu dire « les lettres anglaises » !). Quant au système métrique, invention française, il ne véhicule rien de français. Plus quelque chose se répand moins ce quelque chose est national.
    Maintenant si cela peut faire plaisir à quelqu’un d’entendre dire « nous » avons inventé le système métrique, les droits de l’homme, la république moderne etc. grand bien lui fasse. Nous avons aussi inventé l’ordinateur. Il faut voir ce que les Américains en ont fait.
    5 ) Dernier faux critère d’identité : la laïcité. Il en est de la laïcité ce qu’il en est de la république : la plupart des États sont aujourd’hui laïcs. Même certains pays musulmans. Certes peu ont signé un concordat comme la France mais de toute façon un concordat ne peut concerner que les États catholiques et il n’y a pas besoin de concordat pour appliquer la laïcité. La plupart des pays actuels ne reconnaissent pas le mariage religieux, autorisent, s’ils n’encouragent pas, la contraception et le contrôle des naissances voire l’avortement, au grand dam de l’Église.
    En fait la laïcité nous ramène au départ de cet article : il s’agit moins de se définir positivement que contre ces musulmans qui la refusent.
    Alors comment définir l’identité nationale de façon positive ?
    1 ) Le premier critère est la langue. C’est la langue qui servi de ciment lors de l’unification de l’Allemagne et de l’Italie. C’est la langue qui à l’inverse a servi de critère à l’éclatement de l’Autriche Hongrie d’abord, de la Tchécoslovaquie, de l’URSS et (en partie seulement) de la Yougoslavie. Il existe encore des États multilinguistiques comme l’Inde mais rien ne dit qu’ils ne finiront pas par éclater.
    Où bien une minorité linguistique se bat jusqu’à l’indépendance ou bien, lors qu’elle trop petite elle est assimilée (basques, bretons) voire annihilée (tibétains). Aujourd’hui toutes les nations européennes sont linguistiquement homogènes (la Suisse étant l’exception qui confirme la règle) et lorsqu’ils ne le sont pas ils sont déchirés par des querelles linguistiques (la Belgique), soit interminablement en butte à des revendications (problème basque etc.).
    Donc s’il y a malaise en matière d’identité c’est parce qu’il y a un recul extraordinaire du français en France même et ce pour deux raisons : le première est le recul du français face à l’anglais (tous ce scientifiques qui publient en anglais, les entreprises françaises qui communiquent entre elles en anglais à l’intérieur de l’hexagone et celles qui ont même adopté la langue d’outre Manche pour leur communication intérieure, sans parler des programme EMILE). La seconde est la baisse de niveau. Je ne vais pas rentrer dans les polémiques sur « le niveau baisse » d’une façon générale mais il est un fait que 15 % des enfants qui entrent en 6ème ont de grosses difficultés de lecture. Tous les chefs d’entreprise vous diront qu’ils s’arrachent tous les jours les cheveux parce qu’ils reçoivent des messages incompréhensibles de personnes qui ne maitrisent pas leur langue maternelle : « mais qu’est-ce que c’est que ce charabia ? Mais qu’est-ce qu’il a voulu dire ? ».
    2 ) Ensuite ce qui définit une nation c’est une culture. Il faut entendre ce mot au sens large c’est-à-dire un ensemble de productions artistiques, de coutumes etc. qui caractérisent ladite nation : cela va de la gastronomie à l‘architecture en passant par la littérature, la peinture et même le droit. Lorsqu’on regarde le Parthénon, la cathédrale de Chartres et le château de Chenonceau on reconnaît tout de suite un style, un pays, une époque. C’est cela l’identité.
    Après mai 1968 la gauche s’est violemment attaquée à la culture au prétexte qu’elle était bourgeoise et source de sélection sociale. On s’en est tout d’abord pris aux humanités classiques, au latin et au grec. Or l’héritage gréco-latin n’est-il pas un des fondements de notre identité nationale ? On s’en est pris à la religion non pas en tant que religion mais en tant que sujet du savoir. Or comment déchiffrer la plupart des tableaux lorsqu’on ne connait ni la mythologie ni la religion chrétienne ?
    Or cette politique n’a jamais rien donné : il y a toujours autant d’inégalités sociales. Aujourd’hui la droite a pris le relais en demandant par exemple la suppression d’épreuves de culture générale à certains concours. À quoi sert par exemple d’avoir lu La Princesse de Clèves pour être facteur ou agent de la RATP ? Le problème c’est qu’avec des raisonnements pareils il n’y aurait jamais eu de culture. A quoi servent le Parthénon, la cathédrale de Chartres et le château de Chenonceau ? On aurait mieux fait de construire des HLM ! Mais la culture c’est ce qui ne sert à rien. Et un peuple qui ne fait pas des choses qui ne servent à rien est un peuple entré en décadence.
    Résultat la France est franchement entrée en décadence. Fini le cinéma avec Truffaut, finie la chanson avec Barbara, Brassens, Gainsbourg, fini la philosophie avec Foucauld et Derrida, fini les sciences humaines avec Aron, Dumézil et Lévi-Strauss, fini l’architecture avec Le Corbusier, fini l’époque où Paris était le point de convergence des peintres. D’aucuns diront que Le Clézio vient d’obtenir le prix Nobel. Certes il y a encore quelques beaux restes, mais c’en est fini d’un rayonnement qui avait commencé à la Renaissance et n’avait cessé depuis. Peut-être cela explique-t-il aussi la crise de l’identité nationale.

    Quel est le vrai danger ?
    « A quoi sert d’avoir lu la Princesse de Clèves ? » c’est exactement l’argument des marchands de soupe qui dirigent certaines entreprises ? C’est aussi l’argument de l’utilitarisme anglo-saxon. Finalement droite et gauche sont d’accord : haro sur la culture !
    Nous sommes dans une situation tout à fait particulière. La France s’acculture non pas au profit d’une autre culture mais au profit d’une non-culture. Habituellement au cours de l’histoire on a vu des peuples s’acculturer au profit d’autres. On a vu les Gaulois se mettre à parler latin et se construire des villas sur le modèle romain par exemple. Les raisons de cette acculturation au profit d’un autre sont extrêmement complexes. Pourquoi les Arabes ont-ils à la fois islamisé et arabisé toute une série de peuples de l’Irak actuel au Maroc alors qu’ils n’ont qu’islamisé mais pas arabisé l’Iran et qu’ils n’ont ni islamisé ni arabisé l’Espagne ? Le principal moteur de ce genre d’acculturation est le complexe d’infériorité, ce que l’on a parfois appelé le complexe du colonisé. Or la France est atteinte de ce complexe vis-à-vis des USA.
    Mais, et c’est cela qui est nouveau, les valeurs que véhiculent les Américains du Nord sont de la non-culture. Je m’explique : l’anglais par exemple n’est pas la langue de Shakespeare. C’est devenu une sorte de d’espéranto. Un jargon international. Il finit par avoir le même statut que les caractères latins et le système métrique. Il n’est pas lié à une histoire, une littérature, une poésie, un théâtre, une philosophie. La commission Thélot, qui avait conseillé de systématiser l’enseignement de l’anglais dès le primaire, précisait bien de l’anglais pratique et utilitaire.
    L’anglais est une langue désincarnée. La meilleure preuve c’est qu’il est soutenu et pratiqué par les pires ennemis de l’Amérique. Ainsi le remplacement du français par l’anglais était au programme des islamistes algériens. Ainsi en Iran, le pays plus anti-américain qu’ait connu l’histoire (sait-on qu’on dessine par terre des drapeaux américains pour que les gens puissent marcher et cracher dessus ?), tout le monde apprend l’anglais. Le lycée français a par contre été fermé après la révolution islamique. Il a discrètement réouvert il y a deux ans dans l’enceinte de l’ambassade …. britannique.
    Et l’anglais est la langue des États-Unis, le pays le plus représentatif de l’utilitarisme, du « à quoi ça sert ? », le pays le plus acculturé (acculturé ne voulant pas dire inculte).
    C’est ainsi : la culture vis-à-vis de laquelle la France fait des complexes d’infériorité est la culture de la non-culture, de l’utilitarisme terre à terre.
    À quoi ça sert de lire La Princesse de Clèves ? Mais tout simplement à acquérir une identité ! Il n’y a pas de culture mondiale. L’américanisation-mondialisation c’est la fin de la culture.
    Patrick Kaplanian

  10. patrick kaplanian dit :

    Un débat a lieu en ce moment sur
    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-identite-nationale-le-vrai-66446

    et cela s’agite beaucoup plus qu’ici au parti socialiste ou cela ne semble pas beaucoup bouger.

  11. patrick kaplanian dit :

    Voici mon troisième et dernier texte sur l’identité nationale. Les trois textes ont été présentés sur le journal en ligne Agoravox. Le premier a suscité 60 réactions, le second 230 et le troisième 110. A comparer avec le nombre impressionnant de réactions que l’on trouve ici.

    L’identité nationale : le vrai problème c’est l’américanisation (suite)

    Dans mon article précédent (http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-identite-nationale-le-vrai-65640#forum2337248) j’essayais de démontrer que l’identité nationale et l’immigration étaient deux problèmes différents. J’essayais ensuite de trouver un fondement à cette identité.
    Le danger que représentent pour l’identité française une invasion de musulmans qui ne s’intègrent pas ne saurait servir de définition de l’identité française.

    Je n’ai pas changé d’avis : quelque soit le danger que représente l’islam en France dénoncer ce danger ne saurait servir de réponse à la question de l’identité. Imaginons un professeur de sciences naturelles qui demande à ses élèves de définir le mouton. Réponse de l’élève : « mais les ours sont dangereux : ils attaquent les troupeaux de moutons ; il faut donc les éradiquer. » Or, même si cette dernière assertion est exacte, elle n’est pas une réponse à la question. Dans ce débat aussi. La question est : qu’est-ce qu’un Français ? Qu’est-ce qu’être français ?
    L’attitude de ceux qui ostracisent l’islam appelle deux commentaires.

    Le premier est que ce rejet de l’islam est général. Cela va du rejet violent et viscéral des Lepénistes à une attitude plus modérée du style « s’ils veulent voiler leurs femmes c’est leur problème du moment qu’ils me foutent la paix ». Mais personne en France, personne, même les plus modérés, n’est attiré par les idées de l’islam. Or, il n’y a danger pour une identité nationale que lorsque la population est attirée par des idées étrangères : changement de langue, conversion à une nouvelle religion, etc. Ainsi lorsque les Gaulois commencèrent à parler latin, à imiter les mœurs des Romains, etc.
    Pour illustrer mon point de vue je vais donner un exemple : un début de christianisation au Japon :

    En août 1550, saint François-Xavier débarque au Japon. Les conversions débutent puis s’accélèrent. Les années qui vont de 1601 à 1613 voient même une véritable expansion de l’Église. À Nagasaki, siège de l’évêque, la cathédrale de l’Assomption est achevée en 1602 ; quarante mille catholiques et onze églises font de la ville une « petite Rome ». Arima (une autre ville) possède un séminaire et un collège qui compte une quarantaine d’étudiants en 1607. À Kyoto, sept prêtres administrent en moyenne cinq mille baptêmes par an. Bref le catholicisme se répand comme une trainée de poudre. Oui il y avait bien danger pour l’identité japonaise faite d’une symbiose de bouddhisme et de shintoïsme. Le pouvoir finit par en prendre conscience.

    Un édit de 1614 a pour but la suppression pure et simple du catholicisme. Les daimyos (gouverneurs) locaux doivent renvoyer tous les missionnaires sur Nagasaki, puis de là vers Macao ; les chrétiens japonais doivent abjurer et retourner aux religions nationales. Ce texte en quinze articles est apposé dans tous les temples, lesquels donnent à leurs adeptes des certificats prouvant qu’ils ne sont pas chrétiens. Au cours de l’année 1614, soixante-deux jésuites sont embarqués sur un navire portugais.
    A partir de 1623, le shogun (premier ministre) ferme le pays de manière presque complète et soumet les chrétiens à la répression la plus farouche. Les martyres se succèdent : à Yedo, en 1623, deux missionnaires et quarante-huit chrétiens sont brûlés ; en 1624 ont lieu des exécutions massives, qui font deux cents victimes ; les chrétiens sont systématiquement privés de leur emploi ou de leurs biens. Le daimyo d’Arima entreprend une campagne d’extermination et met au point de nouveaux types de torture.
    L’Église japonaise est décapitée : en 1638, cinq religieux jésuites et franciscains restés cachés dans l’archipel sont arrêtés et torturés. La fermeture du pays est pratiquement intégrale entre 1639 et 1854.
    En même temps sévit une véritable réaction en matière culturelle. Les livres sortis de l’ancienne imprimerie jésuite sont systématiquement détruits ; à partir de 1630, les livres composés en chinois par des missionnaires jésuites de Chine sont interdits sur le sol japonais, et comme certains lettrés continuent à les lire, un décret de 1658 précise que quiconque importera ces ouvrages sera mis à mort. La « chasse aux livres » complète et parfois même remplace la chasse aux chrétiens.
    Le Japon manque de livres, en particulier concernant les sciences occidentales. Ces dernières repénètrent au Japon grâce aux vaisseaux de la compagnie néerlandaise des Indes orientales. Des ouvrages de science et de technologie, le plus souvent composés par des auteurs allemands ou néerlandais, parviennent de manière clandestine à Nagasaki à la fin du XVIIe siècle. Au XVIIIe siècle, les autorités tolèrent ces ouvrages, à condition bien sûr que tout prosélytisme en soit absent.
    (Pour tous renseignements :
    http://www.clio.fr/bibliotheque/Le_christianisme_au_Japon_des_origines_a_Meiji.asp

    http://www.newadvent.org/cathen/10667c.htm)

    Tout ceci pour comparer avec la France d’aujourd’hui. Il n’y aurait danger pour l’identité nationale que si les Français « de souche » se convertissaient à l’islam. Or ce n’est pas le cas, loin de là : c’est même le contraire : un rejet total viscéral et massif et cela dans toutes les couches de la société. Donc l’islam ne représente pas un danger pour l’identité nationale. 40000 chrétiens à Nagasaki, principal port d’accès au sud du Japon (dont la population était passée de 2500 habitants à 25 000 entre 1575 et 1600) c’est énorme. C’est comme si, toutes proportions gardées, nous avions aujourd’hui plusieurs millions de convertis (je dis bien de convertis pas d’immigrés) musulmans à Marseille. Mais il n’y en a pas un seul.
    Quand un peuple rejette une greffe étrangère il la rejette. L’Espagne a connu huit siècles d’occupation arabe et est restée catholique et hispanophone. La Grèce a connu trois siècles d’occupation ottomane et n’a jamais renié ni la langue grecque ni l’orthodoxie.
    Donc puisqu’il n’y a pas danger pourquoi ces lepénistes font-ils une fixation sur l’islam ?

    La seconde est : pourquoi ces lepénistes ne sont-ils pas capables de définir cette nation française qu’ils prétendent défendre ? Est-ce si difficile de dire la France c’est ceci ou cela, c’est A+B+C+D ? Il faut croire que oui. Haïr l’autre ne veut pas dire s’aimer soi-même encore moins se définir.
    Alors comment définir l’identité nationale de façon positive ? Et pourquoi n’y arrivent-ils pas ?

    Dans mon article précédent je disais que :
    1 ) Le premier critère est la langue. S’il y a malaise en matière d’identité c’est parce qu’il y a un recul extraordinaire du français en France même et ce pour deux raisons :
    a) le première est le recul du français face à l’anglais (tous ce scientifiques qui publient en anglais, les entreprises françaises qui communiquent entre elles en anglais à l’intérieur de l’Hexagone et celles qui ont même adopté la langue d’outre Manche pour leur communication intérieure, sans parler des programmes EMILE).
    b) La seconde est la baisse de niveau. Je ne vais pas rentrer dans les polémiques sur « le niveau baisse » d’une façon générale mais il est un fait que 15 % des enfants qui entrent en 6ème ont de grosses difficultés de lecture. Tous les chefs d’entreprise vous diront qu’ils reçoivent des messages incompréhensibles de personnes qui ne maitrisent pas leur langue maternelle : selon une étude de l’INSEE publiée le 6 aout la part de la presse et du livre dans le budget des ménages a diminué de d’un tiers depuis 1970. Un tiers c’est énorme !
    2 ) Il est évident que, si la langue est essentielle, elle ne suffit pas. Les Québécois sont francophones mais ce ne sont pas des Français. Ce qui définit ensuite une nation c’est une culture. Il faut entendre ce mot au sens large c’est-à-dire un ensemble de productions artistiques, de coutumes etc. qui caractérisent ladite nation : cela va de la gastronomie à l‘architecture en passant par la littérature, la peinture et même le droit. Lorsqu’on regarde les palais de Florence, les cathédrales gothiques et le château de Versailles on reconnaît tout de suite un style, un pays, une époque. C’est cela l’identité.

    Après mai 1968 la gauche s’est violemment attaquée à la culture au prétexte qu’elle était bourgeoise et source de sélection sociale. On s’en est tout d’abord pris aux humanités classiques, au latin et au grec. Or l’héritage gréco-latin n’est-il pas un des fondements de notre identité nationale ? On s’en est aussi pris à la religion non pas en tant que religion mais en tant que sujet du savoir. Or comment déchiffrer la plupart des tableaux lorsqu’on ne connait ni la mythologie gréco-latine ni la religion chrétienne ?
    Or cette politique n’a jamais rien donné : il y a toujours autant d’inégalités sociales.
    Je comprends un peu le raisonnement de la gauche à l’époque quoique je ne l’approuve pas : l’État-nation à base linguistique du XIXème siècle était dominé par les bourgeoisies nationales qui s’arc-boutaient sur leurs barrières douanières pour protéger leurs intérêts. Et la culture nationale était bourgeoise. Ce n’était pas une raison pour la rejeter.

    Mais aujourd’hui la bourgeoisie s’est convertie à la mondialisation et n’a plus rien à faire des cultures nationales. Du coup la droite a repris le flambeau demandant par exemple la suppression d’épreuves de culture générale à certains concours. À quoi sert d’avoir lu La Princesse de Clèves pour être facteur ou agent de la RATP ? Le problème c’est qu’avec des raisonnements pareils il n’y aurait jamais eu de culture. A quoi servent le les palais de Florence, les cathédrales gothiques et le château de Versailles ? On aurait mieux fait de construire des HLM ! Mais la culture c’est ce qui ne sert à rien. Et un peuple qui ne fait pas des choses qui ne servent à rien est un peuple entré en décadence.
    C’est cette nouvelle bourgeoisie mondialisée qui veut nous imposer une Europe anglo-saxonne et hyper-libérale. Nous avions voté « non » et on nous a forcé la main. Ces nouvelles élites sont incapables d’imaginer une Europe européenne et elles cherchent à copier le seul modèle qui trouve grâce à leurs yeux : les Etats-Unis. Or pour acquérir une identité face à eux l’Europe aurait du choisir un autre modèle que les USA et une autre langue que l’anglais.

    Résultat la France est franchement entrée en décadence.
    1 Finie la philosophie avec Sartre et Merleau Ponty, fini les sciences humaines avec Lacan, Dumézil et Lévi-Strauss, fini la littérature avec Camus et Julien Gracq, fini l’architecture avec Le Corbusier, fini l’époque où Paris était le point de convergence des peintres et des artistes. D’aucuns diront que Le Clézio vient d’obtenir le prix Nobel. Certes il y a encore quelques beaux restes, mais c’en est fini d’un rayonnement qui avait commencé à la Renaissance et n’avait cessé depuis.

    2 Et ce qui est vrai pour la culture savante l’est encore plus pour la culture populaire. Avec 75 % de chansons en anglais sur certaines chaines (et encore parce qu’il y a des quotas !). Et Nike, les séries B, Mac Donald, Mickey etc.
    Quel est le vrai danger ? La France s’acculture et en même temps elle s’inculture car il faut voir le niveau des paroles de ces chansons pop, rap, rock et que sais-je encore. Et comparer avec Barbara, Brassens ou Gainsbourg. Il faut comparer les séries américaines avec Truffaut, Mac Do avec la gastronomie française, Nike avec le travail des grands couturiers et Coca Cola avec les vins. (Et ici aussi il y a quelques beaux restes comme la BD). C’est cela qui est nouveau, les valeurs que véhiculent les Américains du Nord sont de la non-culture. Je m’explique : l’anglais par exemple n’est pas la langue de Byron. C’est un jargon international qui n’est pas lié à une histoire, une littérature, une poésie, un théâtre, une philosophie. Et l’anglais est la langue des États-Unis, le pays le plus représentatif de l’utilitarisme, du « à quoi ça sert ? ».
    C’est ainsi : la culture vis-à-vis de laquelle la France fait des complexes d’infériorité est la culture de la non-culture, de l’utilitarisme terre à terre. Business as usual.

    Alors d’où vient le danger ? Des Arabes ou d’une sous-culture américaine ? Qui le shogun doit-il donner l’ordre d’exterminer cette fois-ci ? A quoi les Français se convertissent-ils ? A l’islam ou à Clint Eastwood, Madonna, Rihanna et Mikael Jackson ?

    Alors pourquoi le lepéniste voire le sarkozyste n’est-il pas capable de définir une identité française ? Parce que la plupart de ceux qui tiennent ce discours paranoïaque anti-musulman ne connaissent pas bien la culture française. Leur paranoïa anti-musulmane leur sert de culture de remplacement.

    Ma conclusion reste la même : à quoi ça sert de lire La Princesse de Clèves ? Mais tout simplement à acquérir une identité ! Il n’y a pas de culture mondiale. L’américanisation-mondialisation c’est la fin de la culture et de toutes les identités nationales. Et c’est sur ce modèle qu’on veut nous imposer la France et l’Europe :

    Dommage ! Si la France était restée ce qu’elle était elle aurait un rôle à jouer entre le fanatisme d’un Ben Laden et la vulgarité américaine… Mais cela ne sert à rien d’être passéiste. Nous allons devenir Américains un point c’est tout.

    Patrick Kaplanian

  12. colinne dit :

    c’est pour ça que j’aime bien le titre »la France qu’on aime  » même s’il est bien sûr que nous allons tolérer ceux qui nous gâchent la vie et pas les éradiquer ; comme dirait Robespierre « nous les forcerons à être vertueux » ; nous les amènerons à verser des impôts pour construire les services publics ; je suis sûre que l’immense majorité des français aimerait avoir le temps et les moyens de se cultiver, d’aller au théâtre ; pour moi une nation c’est l’organisation sociale des pays de l’Est moins la police politique ; la culture, le sport, la santé, l’éducation, l’alimentation et le logement pour tous ; pour moi la France que j’aime c’est les cortèges monumentaux aux obsèques de Victor Hugo et les champs-élysées au lendemain de la coupe du monde 98; pour moi c’est le modèle auxquels certains étrangers continuent de croire de chez eux avant de venir ici ; un pays qui s’indigne, qui accueille et qui aide à préparer les libérations
    je plains les pauvres américanisés et ceux qui voudraient résister mais qui sont épuisés
    je salue tous ceux qui ne se résignent pas et ceux qui essayent de vivre chez nous ; que ça devienne chez eux
    je dis que ceux qui font honte à l’identité nationale, ce sont ceux qui rêvent de ne plus partager leurs sous avec leurs concitoyens ; ceux qui veulent leurs écoles, leurs cliniques, leurs quartiers derrière des murs
    nous les forcerons à redevenir nos cousins, fraternité ; nous baisserons les salaires les plus hauts et augmenterons les salaires les plus bas, égalité
    chacun sera libre de se payer une soirée au théâtre ou au stade, liberté

  13. Caro 971 dit :

    Sondage et identité nationale.

    Puisque la tournure que le gouvernement et les médias donnent au débat ne convient pas à 50% des personnes interrogées, je propose que chacun d’entre nous et en particulier les parlementaires de la gauche, nous prennent les choses en main. Puisque le débat semble circonscrit à l’islam et à la burqa, nous pourrions au contraire l’ouvrir chacun dans les domaines d’activités qui nous intéresse. Ouvrons le débat sur la culture, ouvrons le débat sur l’histoire, …

    Moi, je propose que chaque français sache qui était Aimé Césaire, que l’histoire des Départements d’Outre mer soit inscrite dans les programmes nationaux.

    Puisque le sondage dit que la moitié des sondés ne sont pas satisfaits de la tournure des débats, les médias doivent logiquement procéder à une remise en question de leur pratique. En effet, c’est nous qui à travers la redevance et les impôts les subventionnons. Il serait donc souhaitable qu’ils tiennent compte de l’opinion de la population…

    Je souhaite Que le débat se poursuive !

    Ainsi les départements d’outre-mer, Guadeloupe, Martinique et Guyane pouront-ils peut-être enfin avoir leur débat, car ils ont été ETRANGEMENT oubliés. On trouve même sur le site officiel des débats tenus à St-Martin dans la rubrique Guadeloupe. Alors que, depuis 2007, St-Martin est une collectivité indépendante de la Guadeloupe.
    Bravo, l’identité nationale, il y a encore du boulot et de l’ordre à mettre dans ce site. C’est peut-être cela notre problème d’identité nationale, trop de sites officiels propagent la confusion et l’amalgame. Comme sur le site de « France Télévision » où les journaux télévisés des Départements d’Outre-mer sont associés à l’Afrique et non à la France …

  14. jean-Pierre dit :

    Madame, monsieur

    J’ai bien noté la proposition du PS de donner le droit de vote aux Étrangers au moins pour les élections locales. Il ne me semble pas que cette attitude réponde aux attentes ni de nos concitoyens ni des personnes étrangères. Nos concitoyens les plus pauvres se voient de jour en jour fragilisés, tous leurs droits sociaux étant peu à peu rognés. Ainsi le seul droit qui leur restera bientôt se résumera à leur droit de vote. Le proposer pour les étrangers reviendrait à les priver de leur seul droit restant, d’où une immense hostilité de leur part et donc un déplacement conséquent de l’électorat populaire vers la droite de M Sarkozy. Quant aux étrangers, qu’ont-ils affaire d’élire des représentants ? déjà Les Français s’en moquent. Pourquoi s’en soucieraient-ils davantage ? Il me semble que vous devriez plutôt proposer le maintien des 35 heures, voire une nouvelle diminution du temps de travail, vous montrer offensif sur le terrain social, pour la promotion du modèle français et son rayonnement à l’étranger. Une idée que je vous soumets : on fait la chasse aux pédophiles qui vont louer les services sexuels de mineurs à l’étranger parce que ce serait illégal en France, pourquoi ne pas infliger des amendes aux importateurs qui font venir en France des marchandises produites à l’extérieur dans des conditions de travail qui seraient illégales chez nous ?
    Cordialement

  15. GERARD dit :

    Bonjour à toutes et tous,
    Je vous communique ci-après mon point de vue, celui d’un Français qui a passé près des 2/3 de sa vie à l’étranger. Bien à vous.
    __________

    Finalement, pour nous, Français établis hors de France, n’est-ce pas dans le regard des autres que nous nous retrouvons « français », souvent pour les uns, quelquefois pour d’autres ?

    1. Mais, qu’est-ce que l’identité nationale ?

    IDENTITE : le grec ταὐτότης passé au latin classique idem ou « le même » a donné en bas latin identitas ou « qualité de ce qui est le même ».
    NATION : le latin nasci ou « naître » a donné natio ou « naissance ; ensemble d’individus nés en même temps ou dans le même lieu » puis, en latin médiéval : « élément de l’Etat constitué par le groupement des individus fixé sur un territoire déterminé et soumis à l’autorité d’un même gouvernement ». Devint avec la Révolution française une « Personne juridique constituée par l’ensemble des individus composant l’État, mais distincte de ceux-ci et titulaire du droit subjectif de souveraineté ». Puis, avec Renan en 1882 : « Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis […] Avoir des gloires communes dans le passé, une volonté commune dans le présent ; avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà les conditions essentielles pour être un peuple… »

    IDENTITE ET IDENTITE NATIONALE
    Au sens policier, l’identité est bien un « ensemble des traits ou caractéristiques qui, au regard de l’état civil, permettent de reconnaître une personne et d’établir son individualité au regard de la loi ». On constate, on vérifie l’identité de quelqu’un, on atteste, on justifie de son identité… « On m’a encore fait décliner mon identité » écrit Camus dans l’Etranger en 1942 ;
    Au sens noble – celui qui nous intéresse aujourd’hui -, l’identité nationale est plutôt ce par quoi un ensemble de personnes se reconnaissent ‘les mêmes’ c’est-à-dire : (i) pour le passé, le fameux ‘legs’ de Renan, des femmes ou des hommes qui ont fait l’histoire d’un territoire donné pour certains, des faits historiques et/ou culturels et des valeurs pour la plupart et, (ii) pour l’avenir, un regard dans une même direction comme le dirait Saint-Exupéry, une volonté de continuer à partager et à transmettre les mêmes valeurs, ou encore « certaines conceptions de la vie » chères à Merleau-Ponty (1945).

    Reste que, comme l’écrivait Paul Valéry en 1931, « le lien interne qui enchaîne entre eux les individus d’un peuple et les générations entre elles, n’est pas, dans diverses nations de la même nature. Tantôt la race (sic) tantôt la langue, tantôt le territoire, tantôt les souvenirs, tantôt les intérêts instituent diversement l’unité nationale d’une agglomération humaine organisée ».
    J’ajoute que, dans une même Nation, le passé de référence, la vision au-delà du regard dans la même direction ou les valeurs à partager et à transmettre peuvent se décliner en un vaste spectre, voire largement diverger ! Il n’est qu’à voir les différences de valeurs d’un bout à l’autre du champ politique raisonnable, sans même aller aux extrêmes, voire aux intégristes.
    Pour Mirabeau en 1789, est national ce « qui est issu de la nation, qui la représente ». Pour Veuillot en 1866, c’est ce qui « est adopté comme représentatif par une communauté quelconque ». ‘National’ s’oppose à ‘local’, ‘étranger’ ou à ‘international’. En fait, ce qui caractérise une nation dans sa totalité et la distingue des autres sans pour autant – ce qui serait raciste et xénophobe -, que cela la conduise à se sentir supérieure aux autres.

    2. En quoi, par quoi, est-ce que je me sens Français ?

    Lors de mes 40 années de vie à l’étranger, la question m’est souvent venue à l’esprit. En fait, chaque fois que des amis étrangers m’interpellaient par leurs propres réflexions sur, ou évoquant la France, je m’interrogeais pour savoir si, de cette France là, je me sentais.
    J’entends encore ce Chinois peignant des cartes de vœux sur un trottoir de Hong-Kong et qui, à mon très mauvais accent anglais compris que j’étais Français, me dire : « Ha ! Paris, De Gaulle, Brigitte Bardot, VSOP ! ».

    Est-ce que je me reconnais dans la ville de Paris ? Oui. Certainement, mais pas seulement. Je me reconnais aussi dans la ville de Berlin ou celle de Hà Nôi ! Par contre, oui, je me reconnais dans une partie de l’histoire de la ville de Paris, celle de la Révolution, de la prise de la Bastille, dans la Commune… Est-ce que cela me fait français ? Pour partie probablement.

    Est-ce que je me reconnais en De Gaulle ? Oui. Certainement. Celui de Londres, du gouvernement provisoire d’Alger et de Brazzaville. Mais très peu dans celui de la 5e République. Pas du tout dans celui qui a mis 4 années à mettre fin à la guerre d’Algérie. Pas du tout dans celui qui a « cristallisé » les pensions des anciens combattants d’Afrique ou d’Asie venus défendre nos libertés.

    Et en Brigitte Bardot ? Pour partie aussi. Pour les libertés qu’elle a contribué à répandre. Pour les devises qu’elle a rapportées à la France. Mais pas du tout pour l’engagement – certes non exclusif, je le reconnais – qu’elle a mis à défendre certains animaux alors que son aura aurait pu lui permettre de défendre aussi beaucoup d’autres causes humaines.
    Et pour le VOSP ? Oui aussi. Je suis heureux que le Cognac si largement apprécié dans le monde ait été mis au point par des Français. Mais pas plus que cela car je me retrouve aussi dans bien d’autres boissons, françaises ou non : cidre, poiré, vin de palme, etc.
    Je vais maintenant continuer à illustrer mon propos par quelques exemples relatifs au fameux ’legs’ de Renan puis aux valeurs.

    POUR LE PASSE

    De quelques grands hommes souvent cités à l’étranger avec une certaine admiration

    Je me reconnais en John Toland qui écrivait : « Le Ciel est mon père, la Terre est ma mère, le Monde est ma patrie et tous les hommes sont mes parents. » John Toland (Pantheisticon, Partie I, fin du chap. VIII – 1720). Mais il était irlandais. Celte d’Irlande. Il est vrai que je suis du côté maternel d’ascendance celte. Mais c’est plutôt pour notre vision commune de l’humanité que Toland m’a marqué. J’eusse aimé qu’il fût français ! Mais il demeure aussi bien en France qu’à l’étranger largement inconnu. Voyons deux autres personnages historiques souvent connus et appréciés à l’étranger.

    Louis XIV est parfois cité par mes amis. Principalement par ceux qui connaissent le château de Versailles. Si j’ai plaisir à visiter ce palais et ses merveilles, ce n’est certainement pas en hommage à ce Roi né Louis-Dieudonné que je me sens français. Encore moins quand je relis le « Code noir » institué en 1685 qui qualifiait les Nègres de « biens meubles ».
    Est-ce que je me reconnais en Napoléon ? Oui pour celui du Code civil et pour de très nombreuses institutions qu’il a conçues et mises en place. Non pour celui du rétablissement de l’esclavage. Non pour celui des guerres napoléoniennes, même si, d’un point de vue purement technique, je lui reconnais de grandes qualités.

    Et en Mitterrand ? Oui pour le symbole qu’il représente : celui de l’arrivée « durable » de la gauche au gouvernement. Oui, surtout, pour ses grands discours internationaux défendant les libertés et les droits de l’Homme, lus, relus et reconnus à l’étranger. Non pour les dérives de son second mandat.

    Plus globalement, oui, je me reconnais dans de grands hommes, de grands auteurs, de grands musiciens, de grands peintres et sculpteurs que me citent et apprécient mes amis étrangers : ceux qui exaltent « les beaux sentiments », ou ceux qui font voir et valoir les idéaux de la République : liberté, égalité, fraternité. Souvent, en Afrique comme en Asie, m’ont été cités Schoelcher, Diderot, Voltaire, Baudelaire, Camus, Hugo, Montesquieu, Ronsard, Sévigné, Sartre, Voltaire… mais aussi Lully, Charpentier, Rameau, Bizet, Fauré ou Debussy… et encore La Tour, Poussin, Watteau, Fragonard, David, Ingres, Corot, Delacroix, Millet, Courbet, Rodin, Monet, Renoir, Matisse…

    Mais je me reconnais tout autant dans les grands écrivains, compositeurs, artistes de tous les pays du monde. N’est-ce pas, finalement cela qui fait de moi un Français ? Même si, bien entendu, d’autres citoyens dans le monde sont ouverts à l’universel et si je peux me retrouver en eux.
    Je me reconnais par exemple en Lamine Guèye avec sa loi de suppression de l’indigénat ; en Félix Houphouët-Boigny pour celle d’abolition du travail forcé – toutes deux votées seulement en 1946 – ; dans les 600.000 soldats de l’Empire mobilisés pendant la Grande Guerre (dont les 30.000 tirailleurs dits « sénégalais » incorporés en 1914) ; dans les 620.000 « coloniaux » sous les drapeaux en 1940, dans les 300 tirailleurs africains qui, avec 100 soldats français, prirent Koufra le 2 mars 1941 et dans les 92.000 soldats africains qui participèrent au débarquement !

    De quelques grands faits historiques ou culturels souvent cités à l’étranger

    Incontestablement, c’est de la Révolution dont on m’a le plus parlé avec admiration à l’étranger. Et, à l’exception de la Terreur, oui, je me reconnais comme héritier de celle-ci. Je me reconnais dans les grands auteurs de la Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen tout comme dans celle des droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges malheureusement beaucoup moins connue hors de France. Je me reconnais dans l’abolition des trois ordres et des privilèges.

    Tout comme dans la Commune ou la IIIe République et ses novations visionnaires et universalistes : école gratuite et obligatoire, syndicalisme, liberté de réunion et de presse, séparation des Eglises et de l’Etat, laïcité, mutuelles ; ou encore dans celles du Front populaire : protection sociale et congés payés par exemple.

    Par contre je ne me reconnais en aucune manière dans les croisades, la traite des Noirs, les guerres religieuses, la colonisation ou encore dans les théories d’un certain Georges Mauco dont s’inspire notre gouvernement aujourd’hui qui, dès 1932 théorisait en Sorbonne sur le degré « d‘assimilabilité » des étrangers en France. Il est vrai que, de ces faits historiques ou culturels là, mes amis étrangers ne m’ont guère parlés.
    Ce n’est pas cela qui, pour eux, fait la France et son identité nationale.

    Nous pourrions encore parler, comme mes amis étranger, de la grande cuisine française. Certes, je m’y reconnais. Dans ses grands plats comme dans ses grands vins. Mais pas plus que dans la grande gastronomie étrangère : kédjénou de Côte d’Ivoire, basi de mil du Mali ou cuisine impériale de Hué, etc.

    POUR LES VALEURS

    Pour ce qui est des valeurs, c’est probablement ce qui, pour nos amis étrangers, distingue le plus un Français de nombre de citoyens dans le monde, même si, pour certaines, des pays comme les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne sont également souvent honorés. A écouter ces étrangers, nous pouvons ressentir chez eux une légitime envie qui nous communique rapidement une… illégitime fierté !

    Illégitime parce que nous ne sommes nullement responsables de l’endroit où nous sommes nés et de nos ancêtres reconnus dans le monde entier. Mais il est vrai qu’un doux plaisir nous envahi lorsque l’on nous parle des ces valeurs : celles des Lumières – la fraternité et l’égalité -, celles de la Révolution – la/les liberté/s et encore l’égalité et la fraternité -, celle de 1936 – la solidarité entre les citoyens et entre les générations…

    3. Comment devient-on français ?

    Pour conclure, je voudrais m’opposer ici à quelques vues très simplistes entendues sur les ondes ces jours-ci et notamment ceux de monsieur Louis Schweitzer, président de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE).
    Je l’entendais il y a quelques heures répondre à la question « Pour vous, qu’est-ce qu’être français ? ». Feignant de ne pas entendre/comprendre réellement le journaliste, il se positionnait sur le strict plan du droit administratif de la nationalité : pour lui, est Français, celui qui possède une carte d’identité française et qui a le droit de voter ! Un peu court dans le faux-débat en cours ! Outre que cela est juridiquement faux puisque seul le certificat de nationalité française fait réellement foi… encore que… il arrive même que ce document soit contesté !

    Dès lors, comment me dire « français » ?

    Finalement, c’est peut-être le regard que portent les étrangers sur la France que j’aime – qui prend hélas de sérieux et mauvais coup depuis quelques années -, le fait que je partage largement ce regard bienveillant de nos amis étrangers, l’idée que je souhaite que la France continue à donner cette image là – celle de la Révolution, celle des Droits de l’Homme, celle d’une terre d’asile, celle des « beaux sentiments » … – ma volonté de contribuer modestement à faire partager et à transmettre cette image et ces valeurs – sans la moindre ambition de domination par rapport à d’autres « conceptions de vie » – qui font que je puisse me dire français et heureux de l’être, tout comme chacun sur terre peut se dire fier de ses racines.

    J’admets même que des étrangers partageant ces idées puissent se dire « français ».
    Mais sans plus. Car je me sens et je me dis aussi et peut-être même plus souvent encore « citoyen du monde » car j’aime à partager avec beaucoup de mes amis étrangers d’autres valeurs que j’estime aussi contribuer et atteindre à l’universel.

    Et que faire pour que les migrants en France qui le souhaitent, deviennent également « français » ?

    Le phénomène migratoire n’est qu’une conséquence de la mondialisation, des droits proclamés par la Déclaration universelle des droits de l’Homme et de la légitime ambition des migrants d’améliorer leur sort et celui de leurs familles.

    Si l’on admet avec moi que « le développement “humain“ est le processus d’élargissement de la gamme des choix accessibles à chaque être humain », faciliter le parcours de ceux qui souhaitent devenir des Français est une autre valeur relevant de la pure tradition de notre pays. Il convient donc de tout mettre en œuvre pour satisfaire à cette obligation.

    Parmi de nombreuses mesures imaginables, je privilégierais celles ci-après, simplement listées , qui, selon moi, devraient être constituées en Grande cause nationale.

    1. Après les avoir désertées, la République doit réinvestir les banlieues.
    2. Elle doit concrètement favoriser la mixité et la diversité sociales, y compris dans les logements sociaux et dans les écoles publiques.
    3. Elle doit favoriser l’accès au logement des moins défavorisés.
    4. Elle doit recréer la DATAR et relancer l’emploi dans les banlieues.
    5. Elle doit lancer une « Charte de la diversité » engageant les entreprises signataires dans un combat pour la diversité.
    6. Elle doit développer des séminaires d’intégration des migrants comportant une initiation à notre histoire, celle qui explique les valeurs qui réunissent la plupart des Français, issues des luttes contre les guerres de religion et des combats de la Révolution française y compris Olympe de Gouges, de la Commune y compris Louis Michel, de la IIIe République, du Front populaire et de la Résistance.
    7. Elle doit intégrer la diversité au sein des commandements des forces de sécurité et interdire les contrôles d’identité non judiciaires.
    8. Elle doit promouvoir la diversité à tous les niveaux au sein des partis, syndicats et associations et de la représentation politique (cf. les bonnes pratiques de certains pays plus au Nord).
    9. Elle doit désenclaver les banlieues des grandes villes françaises.
    10. Elle doit redonner des moyens indépendants à la Justice pour que celle-ci soit juste, juste pour tous.
    11. Elle doit partout et toujours, inviter à l’Universel, à l’école comme dans les médias.
    12. Elle doit faciliter la participation des migrants à la vie de leur commune.
    13. Elle doit, pour ceux qui désirent s’intégrer dans notre citoyenneté, faciliter les naturalisations.
    14. Elle doit marquer une opposition ferme dans les enceintes européennes et internationales aux tentatives de certains de mettre en cause l’universalité et l’inaliénabilité des droits de l’Homme.
    15. A l’immigration choisie, elle doit préférée l’immigration désirée, désirée par les migrants comme pour les accueillants.

  16. Nadine Berthier dit :

    Bonjour,
    Devant les réactions (partielles : sur orange.fr) liées à l’absence de V. Peillon au débat d’hier soir sur France2, j’ajoute ma désapprobation. Je suis interloquée, et malgré la colère et les mots qui manquent pour décrire mon émotion, je voudrais vous adresser quelques remarques. N’y a-t-il pas à vos côtés de « bons » spécialistes de la communication, sémiologues, psychanalystes, spécialistes des mouvements de foule, et des médias ?
    Ne valait-il pas mieux un « Messieurs les Censeurs, bonsoir ! » à ce qui apparaît comme un forfait, voire une défausse. A moins que ce soit pour sortir un atout à bon escient ?
    J’avais envie de solliciter les militants de mon secteur (49) pour proposer des réunions hebdomadaires, organisées par les partis de gauche qui travaillent ensemble à la région en ce moment, afin de mobiliser les électeurs et les médias (même jour, même heure, même lieu). Chacun son tour ayant en charge d’inviter une personnalité sur un sujet donné. Il reste deux mois. La barre peut être reprise en main, avant la débandade (abstention, voir élection législative partielle en Yvelines). Mais seul parti avec le PC (oui, encore lui) à disposer d’outils et de moyens pour diffuser de « bonnes » paroles, vous devez faire oeuvre de bon sens, de sens de la chose publique, de sens des enjeux qui vont déterminer les années à venir pour des millions de citoyens (lycées ! formation !! transports régionaux !!! aménagement du territoire !!!! tourisme (dernier secteur en croissance ou presque). Les universités qui détiennent les capacités à innover, à enseigner au plus grand nombre sont sous contrainte, l’enseignement est menacé, les services publics démantelés, la culture est désarmée (le ministère est quasiment vide, hors le patrimoine).
    Bref, un peu de courage. Les énergies doivent être concentrées, et l’image de leur efficacité assez visible et non dispersée sous de vagues aléas de jeux médiatiques.
    M… avant la dernière bataille, que vaudra le grand parti de gauche (parti des socialistes partis ai-je lu), si les électeurs perdent la foi en lui ?
    J’imagine un Jaurès, un Mendès-France, devant le bureau. Les femmes ne manquent pourtant pas d’idées et de volonté. C’est peut-être cela qui apparaît : elles sont trop peu nombreuses, et les rares qui arrivent à gagner les marches et/ou les fauteuils sont trop épuisées pour se laisser aller à l’imagination et à la création, ayant tant à faire pour résister aux menaces d’effondrement de la bâtisse.
    Soyez au rendez-vous, et si nous entendons les voix porteuses de vrais projets, nous pourrons vous accompagner, rassemblés…
    Cordialement,
    Nadine Berthier

  17. Eric dit :

    J’ai une question sur la Laïcité: n’ayant pas trouvé de lieu plus approprié que ce sujet sur l’ « Identité de la France » (je dirais qu’il y a un rapport, même si c’est un terme que nous n’avons pas beaucoup entendu dans cette controverse…), c’est ici que je la pose.

    Il semblerait qu’en janvier de cette année à Strasbourg, l’assemblée de l’U.E. ait eu à se prononcer sur une résolution en faveur de la liberté pour les Etats d’afficher des symboles religieux dans les lieux publics.
    Il semblerait également que parmi les deux gros groupes parlementaires à l’origine de cette proposition figurait le Parti socialiste européen…
    Il semblerait que ce soit à l’opposition des libéraux, des communistes et des verts, ainsi qu’aux actions de diverses personnalités, que nous soyions aujourd’hui redevables d’un score rejetant de justesse cette proposition.

    Dites, cela est-il bien vrai?!?!?!?
    Est-ce là la position du parti socialiste français?!?!?!?
    Est-ce à cela que sert ce « Laboratoire des idées »?!?!?!?!?

    Bien sûr, vous allez me répondre qu’il est de ces stratégies… qu’il ne faut pas reporter au niveau national ce qui se passe au niveau européen, etc.
    Mais bon sang, si cette proposition était passée, vous rendez-vous compte des conséquences en terme de Droit sur ce qui se passe en France?!?!?!?

    J’ai pris l’habitude de juger les hommes non sur leurs paroles, mais sur leurs actes.
    Aussi comprendrez-vous que je ne pourrai me contenter pour le 14 mars de vagues affirmations.
    Quant aux actes, je les attends toujours, et je crois que nous sommes nombreux.

    C’est avec tous mes regrets que je vois nos chemins se séparer aujourd’hui.

    Salutations distinguées

  18. admin dit :

    Bonjour Eric,

    Merci de nous avoir écrit. Les informations que vous avancez sont erronées et relèvent d’une désinformation qui nous cause ainsi beaucoup de torts. Notre collègue au groupe socialiste français du Parlement européen a quasiment suffoqué lorsque nous lui avons demandé comment s’était passé le vote en lui signalant ce qui circulait. Voici sa réponse :

    “En aucun cas le Groupe socialiste (S&D) au Parlement Européen n’a soutenu cette résolution! Nous sommes un Groupe profondément laïc et nous nous sommes battus par 2 fois pour faire rejeter ce vote de la plénière. Pour ne pas l’inscrire à l’ordre du jour.

    “Par 2 fois la droite la plus conservatrice est revenue à la charge sur l’inscription du vote de cette résolution et par 2 fois nous avons réussi, avec les progressistes du PE à le faire rejeter.”

    J’espère vous avoir rassuré. La laïcité est une valeur fondamentale qui fait partie des valeurs constitutives de notre identité.

    Bien à vous,

    L’équipe du Laboratoire des idées

  19. Jippi dit :

    Bonjour à tous
    Bravo pour vos résultats, mais j’aimerais attirer votre attention sur un point.
    Hier j’ai failli être victime d’une agression. Aujourd’hui je voulais prendre le train, c’était impossible car les conducteurs faisaient grève suite à l’agression de contrôleurs. Ces événements m’ont rendu sensible au problème de la sécurité publique. J’ai épluché les professions de foi des différents candidats en comparant ce qu’ils disaient sur le sujet.

    En fait les seuls qui s’en faisaient l’écho c’était le Front national. Curieusement les propositions des Partis de gauche n’abordaient pas ce problème.
    Mais les gens chaque jour redoutent de se faire agresser. C’est à mon avis cette peur qui les a poussés à voter pour le Front national. Il faut promouvoir bien-sûr la sécurité économique mais aussi la sécurité dans la vie quotidienne et donc les partis de gauche explicitent davantage leur souci de sécurité publique.

    Cordialement merci de votre attention et encore bravo pour vos résultats

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