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	<title>Laboratoire des Idées &#187; Actualités</title>
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		<title>La société créative, pour tous</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Apr 2010 09:43:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Civilisation numérique]]></category>
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		<category><![CDATA[La bataille des idées au quotidien]]></category>
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		<description><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" title="Logo du lab" src="http://www.parti-socialiste.fr/static/imagecache/membre_photo/3507/laboratoire-des-idees.png" alt="" width="250" height="116" />Partout, en France et dans le monde, des groupes de citoyens, des nouveaux types d’entrepreneurs, des réseaux d’échange, expérimentent de nouvelles manières de produire, de vivre ensemble, de partager des ressources communes…</p>
<p style="text-align: justify;">Ce foisonnement d’expériences résulte d’un triple mouvement : la prise de conscience de l’impératif écologique, qui exige une approche systémique et globale ; l’autonomisation croissante de la société vis-à-vis de ses institutions ; et la mise en réseau des individus, des organisations et des entreprises. Il présente en revanche l’aspect contradictoire d’une extension continue de l’emprise du marché, et d’une vitalité sociale qui lui invente sans cesse des alternatives, à petite ou grande échelle.</p>

<strong>Une note du groupe "Civilisations numériques" du Laboratoire des idées, au cœur des travaux actuels du Parti socialiste sur le nouveau modèle de développement.</strong><a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/wp-content/uploads/2010/04/LAB_CN_societe-creative_avril2010.pdf"> </a>

<a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/wp-content/uploads/2010/04/LAB_CN_societe-creative_avril2010.pdf">Télécharger la note en PDF (144Ko)</a>


Articles connexes&nbsp;:<ol><li><a href='http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/index.php/2009/08/civilisations-numeriques-la-societe-numerisee-aspirations-et-enjeux-politiques/' rel='bookmark' title='Permanent Link: Civilisations numériques : &laquo;&nbsp;La société numérisée : aspirations et enjeux politiques&nbsp;&raquo;'>Civilisations numériques : &laquo;&nbsp;La société numérisée : aspirations et enjeux politiques&nbsp;&raquo;</a></li><li><a href='http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/index.php/2010/02/la-lettre-du-lab-n%c2%b04-plaidoyer-pour-la-justice-sociale/' rel='bookmark' title='Permanent Link: La lettre du Lab n°4 : plaidoyer pour la justice sociale'>La lettre du Lab n°4 : plaidoyer pour la justice sociale</a></li><li><a href='http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/index.php/2009/09/gauchet-paul-debattre-pour-engager-loffensive-de-civilisation/' rel='bookmark' title='Permanent Link: Gauchet &#8211; Paul : débattre pour engager &laquo;&nbsp;l&#8217;offensive de civilisation&nbsp;&raquo;'>Gauchet &#8211; Paul : débattre pour engager &laquo;&nbsp;l&#8217;offensive de civilisation&nbsp;&raquo;</a></li></ol>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><img class=" alignleft" title="Logo du Lab" src="http://www.parti-socialiste.fr/static/imagecache/membre_photo/3507/laboratoire-des-idees.png" alt="Logo du Lab" width="250" height="116" /><a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/wp-content/uploads/2010/04/LAB_CN_societe-creative_avril2010.pdf">Télécharger la note en PDF (144Ko)</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu&#8217;est-ce qu&#8217;une société créative ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La société que nous voulons, la société créative, est <strong>une société qui donne à chacun la chance et la capacité, non seulement de construire son propre destin, mais aussi d&#8217;agir pour le bien commun</strong>. C&#8217;est une société qui invente sans cesse des idées neuves pour répondre aux aspirations de ceux qui la composent, et aux défis auxquels elle fait face. Dans ce but, elle s&#8217;appuie sur toutes les énergies, sur toutes les imaginations : celles des entrepreneurs, des militants associatifs, des chercheurs, des salariés du privé comme du public, des artistes, des retraités… bref, de tous les citoyens. Surtout, elle ne les laisse pas seuls. Une société créative facilite l&#8217;expression et l&#8217;échange des idées, les collaborations de tous types, les expérimentations et leur analyse. Elle soutient les initiatives les plus fécondes, elle étend les expériences qui marchent. <strong>La puissance publique a un rôle essentiel à jouer pour susciter et marier ces énergies</strong>. Elle doit s&#8217;<strong>appuyer sur le désir et la capacité d&#8217;un nombre croissant de citoyens de devenir acteurs de leur présent et de leur avenir</strong> : de produire localement la réponse à des besoins locaux ; de coproduire des services et des biens publics ; de mettre en œuvre des solidarités locales ou globales ; d&#8217;oser formuler et expérimenter des idées neuves… La puissance publique doit à la fois impulser le mouvement et reconnaître ce que la société invente de riche. Elle doit à la fois inciter et faciliter, consolider et étendre les expériences réussies, mutualiser les énergies, évaluer, réguler là où c&#8217;est nécessaire. Elle devra pour cela inventer de nouveaux instruments et définir de nouvelles formes de collaboration avec les acteurs économiques et sociaux. <em> </em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>___________________________</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Partout, en France et dans le monde, des groupes de citoyens, des nouveaux types d&#8217;entrepreneurs, des réseaux d&#8217;échange, <strong>expérimentent de nouvelles manières de produire, de vivre ensemble, de partager des ressources communes</strong>… Ce foisonnement d’expériences résulte d&#8217;un triple mouvement : la prise de conscience de l&#8217;impératif écologique, qui exige une approche systémique et globale ; l&#8217;autonomisation croissante de la société vis-à-vis de ses institutions ; et la mise en réseau des individus, des organisations et des entreprises. Il présente en revanche l&#8217;aspect contradictoire d&#8217;une extension continue de l&#8217;emprise du marché, et d&#8217;une vitalité sociale qui lui invente sans cesse des alternatives, à petite ou grande échelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous, progressistes, devons reconnaître, encourager, mais aussi orienter ces dynamiques dans un sens solidaire et écologique. L&#8217;action publique y sera indispensable, mais elle devra s&#8217;inventer de nouveaux instruments et définir de nouvelles formes de collaboration avec les acteurs économiques et sociaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Un nouveau modèle de développement n&#8217;émergera pas sans la participation, l&#8217;implication de tous, acteurs publics, entreprises, tiers secteurs et citoyens. Dans ce but, notre objectif doit être <strong>d&#8217;augmenter la capacité de toute la société à prendre en mains ses besoins, à y inventer et en coproduire des réponses – bref, à innover</strong>. D&#8217;inventer une &laquo;&nbsp;société créative pour tous&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’innovation au cœur </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;">Nous ne pouvons pas produire demain comme hier ; nous ne pouvons espérer répondre à la complexité des attentes sociales avec les instruments traditionnels  ; les outils et même les indicateurs de la croissance durable restent en bonne partie à inventer : il faut donc innover. Mais <strong>l&#8217;innovation qui nous intéresse est à la fois sociale, technologique et économique</strong>. Elle n&#8217;est pas le fait des seules entreprises, ni des seuls chercheurs, mais de toute la société.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>D&#8217;un point de vue économique</strong>, la compétition repose aujourd&#8217;hui avant tout sur la capacité d&#8217;innovation. La mise en réseau des entreprises, la part croissante de l&#8217;immatériel dans la production, raccourcissent les cycles et segmentent les marchés en une multitude de niches. Plus que par la recherche d&#8217;économies, c&#8217;est par leur capacité d&#8217;innovation que les entreprises et les économies se différencient. Et cette innovation elle-même a changé : permanente (cf le progrès vertigineux des performances des ordinateurs dont la puissance double tous les 18 mois depuis 30 ans), de plus en plus rapide (18 mois aujourd’hui pour développer une voiture, contre trois ans dans les années 1990) et surtout plus ouverte à des acteurs nouveaux – jusqu&#8217;aux consommateurs et citoyens. Une innovation donnée ne procure plus de rente durable : c&#8217;est la capacité d&#8217;innover en continu et de s&#8217;insérer dans un écosystème d&#8217;innovation qui procure un avantage compétitif soutenable. Par exemple, l’interface initiale de l’iPhone a été imitée en mois de 18 mois par les concurrents d’Apple ; mais dans le même temps, la firme à la pomme a sorti deux nouvelles générations de son « smartphone », maintenant son avantage concurrentiel.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais l&#8217;innovation apparaît tout aussi centrale pour incorporer au cœur du modèle de développement les impératifs écologiques et sociaux.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L&#8217;enjeu écologique</strong> complexifie l&#8217;arbitrage déjà difficile entre objectifs économiques et sociaux. Le cadre traditionnel des politiques publiques peine à éviter que ces objectifs d&#8217;égale importance n&#8217;entrent en conflit, ou pire, que les politiques écologiques ne soient ressenties par les citoyens comme technocratiques, ou productrices de nouvelles inégalités. Pourtant, des acteurs – que l’on n’attendait pas forcément sur le terrain de l’innovation – apportent des débuts de réponse. C’est un afficheur, JC Decaux, qui, en collaboration avec des villes socialistes, a inventé Velov&#8217; et Velib&#8217; ; le covoiturage se développe à partir d&#8217;initiatives de chercheurs, de jeunes entreprises et d&#8217;associations, et non des transporteurs publics ; ce sont des agriculteurs, et non des distributeurs, qui ont inventé avec les AMAP des moyens nouveaux de rendre les produits biologiques accessibles aux urbains à des prix raisonnables…</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;action publique seule ne parviendra pas non plus à répondre à la complexification des <strong>enjeux sociaux</strong> – vieillissement de la population, transformation continue des métiers, précarité, diversification (voire individualisation) des besoins et des parcours de vie… Il lui faudra <strong>faire appel à d&#8217;autres énergies et imaginations, locales et globales, associatives et entrepreneuriales</strong>. Des expériences émergent, en France et chez nos voisins, qui réinventent le lien social et renforcent l’autonomie de chacun. L&#8217;association <em>Reconnect</em>, créée par un ancien consultant, propose des moyens qui permettent aux personnes en situation d&#8217;exclusion de rester joignables. Les &laquo;&nbsp;babayagas&nbsp;&raquo; inventent un espace de vie autogéré pour personnes âgées qui, au lieu de les retirer du monde, devient un lieu d&#8217;animation et de vie citoyenne locale. Au Royaume-Uni, le programme inControl permet aux personnes dépendantes de <strong>coproduire leur dispositif d&#8217;aide et d&#8217;en gérer elles-mêmes le budget</strong>, tout en s&#8217;inscrivant dans un dispositif de médiation qui assure la cohérence du système avec les objectifs fixés par la collectivité. Partout dans le monde, des Systèmes d&#8217;échange locaux (SEL) organisent, dans une communauté, l&#8217;échange multilatéral de biens, de services, et de savoirs. Et l&#8217;on connaît l&#8217;importance sociale et économique du microcrédit.</p>
<p style="text-align: justify;">Face à cette complexité, le réflexe de la droite est de s&#8217;en remettre au marché, censé être plus efficace et plus capable de répondre à la diversité et à l&#8217;évolution des besoins et des situations. Mais il ne nous a pas fallu attendre la crise, ni Copenhague, pour <strong>affirmer que le marché ne saura pas de lui-même prendre en compte l&#8217;enjeu écologique dans sa dimension systémique, pas plus qu&#8217;il n&#8217;aura à cœur les nécessaires solidarités.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des écosystèmes d’innovation…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nous avons et nous continuerons d&#8217;avoir des politiques de recherche, des politiques de soutien à l&#8217;innovation économique et technique, des politiques culturelles, des politiques éducatives. Mais celles-ci fonctionnent d&#8217;une manière exagérément cloisonnée, sauf peut-être lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de rapprocher la recherche des besoins des marchés. Au cloisonnement des politiques répondent ceux des secteurs économiques ou ceux des disciplines de recherche. Or <strong>les innovations qui comptent émergent presque toujours au croisement de plusieurs métiers et domaines de connaissance</strong>. Nous devons lever ces barrières, favoriser toutes les formes de collaboration. Les pôles de compétitivité ont, pour les meilleurs d&#8217;entre eux, commencé à le faire, mais ils demeurent souvent trop étroitement sectoriels et trop exclusivement focalisés sur l&#8217;innovation à vocation économique. <strong>L&#8217;innovation a besoin de lieux d&#8217;échange et de partage, de dispositifs de coopération, de mutualisation active de moyens et d&#8217;expériences, et de pouvoir rapidement s&#8217;essayer auprès des publics auxquels elle se destine</strong>. Elle doit aussi pouvoir se discuter, se débattre : toute innovation n&#8217;est pas systématiquement univoque, ni nécessairement positive.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nous devons construire des &laquo;&nbsp;écosystèmes&nbsp;&raquo;</strong>, des dispositifs, des espaces (virtuels comme physiques) d&#8217;échange, de collaboration, de mutualisation de moyens et de mise en visibilité de projets et d&#8217;initiatives, qui favorisent l&#8217;innovation sous tous ses aspects, sociaux, économiques et technologiques. Ces écosystèmes sous-tendent les marchés sur lesquels se développe l’innovation économique, mais ils ne se résument pas à ces derniers et sont tout aussi bien porteurs d’innovation sociale, culturelle ou intellectuelle. A ne vouloir voir que les marchés – œillère traditionnelle de la droite –, et pas tout ce qui les autorise et les complète, on s’interdit de les orienter, au bénéfice de la société.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces écosystèmes permettront la fécondation entre des acteurs multiples et divers : des innovateurs qui expérimentent, des consultants qui conseillent, des chercheurs et universitaires qui réfléchissent et explorent, des associations de parties prenantes qui formulent leurs demandes ou attentes, des acteurs publics qui fixent des objectifs (sociaux, sanitaires, environnementaux…), des étudiants qui font des stages et apportent des idées, du capital-risque pour financer et aider à définir les projets à vocation économique, des plus grandes entreprises qui aident, fournissent des modèles et investissement, des incubateurs, des financeurs publics ou des fondations pour soutenir des projets à but non lucratif…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ces écosystèmes émergent déjà en Europe et en France, grâce notamment à l&#8217;action des Régions socialistes. Plus d&#8217;une centaine de &laquo;&nbsp;<em>living labs</em>&nbsp;&raquo; ambitionnent de &laquo;&nbsp;contribuer à l&#8217;émergence d&#8217;un nouveau système d&#8217;innovation dont les utilisateurs et les citoyens sont des acteurs plutôt que des destinataires passifs&nbsp;&raquo;. Sous le nom de &laquo;&nbsp;ruches&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;cantines&nbsp;&raquo;, etc., des espaces coopératifs informels destinés aux innovateurs de tous genres se créent dans plusieurs villes de France. Des <em>Fab Labs</em>, &laquo;&nbsp;ateliers de production de presque tout&nbsp;&raquo;, rassemblent logiciels de conception assistée par ordinateur, machines à commande numérique, matériel électronique &laquo;&nbsp;libre&nbsp;&raquo; et une diversité de compétences, pour faciliter l&#8217;invention des objets de demain et explorer des formes de relocalisation de la production. Les &laquo;&nbsp;résidences&nbsp;&raquo; de la 27<sup>e</sup> Région (un projet de l&#8217;Association des régions de France) installent des jeunes designers et sociologues là où existe un enjeu d&#8217;innovation publique et sociale : un campus scolaire en rénovation, une maison de santé à réinventer, un quartier en renouvellement urbain… Les conférences de consensus, les réseaux d&#8217;échange de savoirs, les méthodes de créativité collective, font également partie de cette floraison de nouveaux espaces de création et de coopération.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un écosystème ne se contente pas de juxtaposer des projets ou des individus</strong>. Il s&#8217;organise autour de services et des lieux qui permettent et encouragent les échanges : des services et des ressources en commun, des lieux de travail et de rencontre, des événements collectifs, etc. Le créer, constituer autour de lui une communauté d&#8217;acteurs, le faire vivre, exige un véritable savoir-faire, et un soutien public puisque c’est par externalité positive qu’un tel écosystème contribue à la richesse bien plus que par la vente de prestations. L&#8217;Etat doit donc <strong>compléter ses dispositifs verticaux par le soutien à la création et au fonctionnement de tels écosystèmes</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>… à la grande échelle</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">On considère généralement que la France sait produire des entreprises innovantes, mais pas les transformer en grands succès. C&#8217;est pour partie une illusion d&#8217;optique produite par la domination américaine sur les industries numériques, les plus visibles ces dernières années : dans plusieurs secteurs, tels que la grande distribution, l&#8217;énergie, les transports, la restauration collective, les télécommunications… des entreprises françaises font partie des leaders mondiaux et sont considérées comme réellement innovantes. Mais il est vrai que les petites entreprises ont plus de mal qu&#8217;ailleurs à franchir l&#8217;étape des premiers développements commerciaux. Il est également vrai que les grands acteurs ne s&#8217;intéressent pas suffisamment à ce que font les petits : une étude récente montrait que l&#8217;immense majorité des jeunes entreprises issues de la recherche française finissaient par se faire racheter… par des grandes entreprises américaines !</p>
<p style="text-align: justify;">Des réponses ont été proposées depuis longtemps, en particulier autour de l&#8217;idée de faciliter l&#8217;achat de solutions innovantes par les grandes entreprises et les administrations. Mais ceci ne se décrète pas. Là encore, <strong>c&#8217;est en organisant très en amont la collaboration entre les innovateurs et d&#8217;autres acteurs, qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;entreprises de même taille ou de grands partenaires, que l&#8217;innovation technique et économique passera à l&#8217;échelle</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L&#8217;innovation sociale n&#8217;est pas non plus condamnée à la petite échelle</strong>. Que l&#8217;on pense à Wikipedia, produite par des millions d&#8217;auteurs bénévoles, et devenue un outil de travail quotidien pour des dizaines de millions de gens, dans une cinquantaine de langues ; aux logiciels &laquo;&nbsp;libres&nbsp;&raquo;, donc librement copiables et modifiables, coproduits par des groupes allant d&#8217;une dizaine à plusieurs milliers de programmeurs, qui ont durablement transformé l&#8217;industrie du logiciel ; aux associations de malades, qu&#8217;il s&#8217;agisse du Sida ou de nombreuses &laquo;&nbsp;maladies orphelines&nbsp;&raquo;, qui ont changé le regard sur ces maladies et directement contribué à la recherche médicale, puis au débat sur les médicaments génériques…</p>
<p style="text-align: justify;">Les plates-formes sur lesquelles se fondent les écosystèmes d&#8217;innovation peuvent exister à différentes échelles. L&#8217;action publique doit chercher à les faire exister localement, mais aussi à les fédérer, à faciliter l&#8217;échange et le passage à l&#8217;échelle. Elle peut également <strong>repenser certains dispositifs publics dans l&#8217;objectif de donner plus de place à l&#8217;initiative en leur sein</strong> : ainsi, les systèmes britanniques d&#8217;aide sociale se reconfigurent-ils pour rendre possible l&#8217;individualisation des plans d&#8217;aide. Leur rôle n&#8217;est plus d&#8217;activer un ensemble de services publics désignés à l&#8217;avance, mais d&#8217;assister les personnes dans la construction de leur propre plan, de référencer et labelliser des prestataires (publics, associatifs et privés) et d&#8217;en contrôler la prestation, d&#8217;organiser la cohérence de l&#8217;ensemble, de définir des priorités…</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Une condition : développer et défendre de nouveaux « communs »</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;innovation distribuée a besoin d&#8217;un large socle de gratuité et de partage, sans lequel il ne se passera rien : de connaissances, d&#8217;informations et de données, de savoir-faire, d&#8217;outils et d&#8217;espaces d&#8217;échange, d&#8217;infrastructures matérielles et immatérielles.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>C&#8217;est un vrai clivage politique</strong>. La privatisation et la marchandisation des éléments vitaux pour l’humanité et pour la planète, s&#8217;étendent désormais aux connaissances, aux cultures, à la santé, à l’éducation, aux communications, au patrimoine génétique, au vivant et à ses modifications… Ces mouvements produisent de la dépendance (alimentaire, sanitaire, culturelle), des monopoles, de la pauvreté et de l&#8217;uniformité. En rejetant la loi Hadopi, en votant au Parlement européen l&#8217;&nbsp;&raquo;amendement Bono&nbsp;&raquo;, en s&#8217;opposant à la brevetabilité du vivant, les socialistes se sont engagés dans une autre voie. Il s&#8217;agit désormais de <strong>considérer le développement, l&#8217;extension et la défense des &laquo;&nbsp;communs&nbsp;&raquo;, ces biens et espaces collectifs accessibles à tous et qui échappent au marché, comme un objectif politique et économique de premier rang</strong>. De ne plus voir le « hors marché » (qui n’est pas « anti marché ») comme résiduel, mais comme premier.</p>
<p style="text-align: justify;">La distinction entre ce qui relève du marché et ce qui relève des communs doit donc faire l’objet d’un débat démocratique majeur. D’ores et déjà, on peut penser à de nombreuses ressources naturelles, aux technologies et aux savoir-faire (médicaments génériques, standards ouverts, logiciels libres, etc.), aux données publiques, à partir desquelles tant de connaissances, de débats et de nouveaux services émergeront, à la connaissance scientifique et à la création : s&#8217;engager en faveur de la &laquo;&nbsp;science ouverte&nbsp;&raquo; et des ressources éducationnelles ouvertes, favoriser des usages ouverts du droit d&#8217;auteur.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les « communs » ont de nombreuses sources</strong>. La nouveauté, peut-être, tient en effet à ce que ces &laquo;&nbsp;communs&nbsp;&raquo; qu&#8217;il devient si important de développer et défendre, ne sont pas nécessairement produits par des acteurs publics. Une politique qui s&#8217;attache au développement des biens communs doit savoir soutenir des projets de toutes origines qui poursuivent cet objectif, qu&#8217;il s&#8217;agisse des &laquo;&nbsp;logiciels libres&nbsp;&raquo;, de manuels scolaires collaboratifs tels que Sesamaths ou de l&#8217;encyclopédie Wikipedia. Elle doit également (comme le font l&#8217;administration Obama ou le gouvernement de Gordon Brown) mettre à disposition les données et les documents que produisent les administrations pour que d&#8217;autres en inventent des usages socialement féconds.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Une exigence : transformer l’éducation et la formation</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans un &laquo;&nbsp;nouveau modèle&nbsp;&raquo; fondé sur l&#8217;accès de tous à des capacités de construire leur présent et leur avenir, la non-linéarité des vies professionnelles doit devenir un but plutôt qu&#8217;une souffrance. Cela ne va pas de soi : aujourd&#8217;hui, la plupart des Français la subissent, soit sous la pression de leurs employeurs, soit au travers de périodes de chômage souvent suivies d&#8217;un déclassement.</p>
<p style="text-align: justify;">Inventer une sécurité professionnelle dans des itinéraires choisis et non subis constitue un objectif politique de premier ordre. Cela passe par des politiques sociales, mais aussi par une politique éducative, tout au long de la vie et qui – contrairement, il faut bien le dire, à la tendance dominante d&#8217;aujourd&#8217;hui – mette <strong>l&#8217;accent sur la créativité et l&#8217;initiative</strong>, tant des enseignants que des apprenants.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous devons profondément transformer les conditions dans lesquelles les Français, tout au long de leur vie, acquièrent, mobilisent et valorisent leurs connaissances et leurs compétences. Nous devons <strong>inclure dans le &laquo;&nbsp;socle de connaissances&nbsp;&raquo; la capacité d&#8217;apprendre de nouvelles connaissances et de transmettre celles que l&#8217;on possède</strong>, ainsi que la capacité – dans un monde où elle surabonde – de rechercher, trier, évaluer, exploiter et transformer l&#8217;information. Les méthodes pédagogiques, du plus jeune âge à la formation continue, doivent davantage <strong>mettre l&#8217;accent sur l&#8217;initiative et la créativité</strong>, sur l&#8217;apprentissage dans l&#8217;action, sur la pluridisciplinarité et sur le travail collectif. En tissant en continu travail et formation et en reconnaissant et valorisant les compétences acquises par l’expérience (y compris hors du cadre professionnel), nous devons <strong>casser la séparation entre l&#8217;acquisition des connaissances (&nbsp;&raquo;périodes de formation&nbsp;&raquo;, voulues ou obligées) et leur mobilisation (&nbsp;&raquo;travail&nbsp;&raquo;). </strong>Nous devons valoriser les connaissances informelles ou issues de l&#8217;expérience.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un impératif : la démocratisation des choix</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">La confiscation de l’innovation par un cartel de grandes entreprises capables d’influencer la décision publique, l’entreprise d’alignement des organismes de recherche et d’enseignement supérieur sur les thématiques ainsi dictées à la puissance publique, à travers la définition bureaucratique de leurs objectifs<a href="#_ftn1">[1]</a>, sont contradictoires avec le développement de la société créative. La reconquête de l’autonomie des chercheurs est donc à l’ordre du jour. Mais autonomie ne peut se traduire par irresponsabilité vis-à-vis de la société. Simplement, <strong>au lieu de vouloir imposer leur agenda aux chercheurs, il faut les associer aux citoyens et aux acteurs économiques et sociaux pour co-produire des agendas de recherche</strong> et rassembler les moyens associés. Les écosystèmes d’innovation et les communs ont eux aussi leurs facette scientifique et technique.</p>
<p style="text-align: justify;">En effet, l’innovation socio-technique nous place face à une alternative entre :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li><strong>l’autoritarisme technologique</strong>, une société où les grands producteurs publics      et privés de technologies dominent les citoyens – c’est-à-dire où plus      personne ne peut plus rien faire sans passer sous les fourches caudines de      dispositifs techniques et organisationnels opaques et distants<a href="#_ftn2">[2]</a> ;</li>
<li>et le <strong>progressisme technologique</strong>, une société où chacun peut s’appuyer sur des      ressources techniques disponibles, notamment mais pas seulement en ligne,      pour renforcer sa puissance d’agir, sans avoir à aliéner ses données      personnelles, son autonomie ni sa liberté.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Ce clivage traverse la sphère technique. Ainsi, l&#8217;internet n’a pas du tout le même sens selon que ce qui transite par les réseaux peut être épié par les opérateurs et censuré par les États ou pas. Les biotechnologies peuvent aliéner les agriculteurs (à l’instar des semences OGM stériles qui nécessitent d’être rachetées chaque année) ou les libérer. De même les nanotechnologies. Il n’y a pas non plus une seule politique d’innovation en matière énergétique : la question du nucléaire, mais aussi celle de la production de l’énergie considérable nécessaire à la production de panneaux solaires, en témoignent. La robotique vue comme une solution à la dépendance peut conduire à la « solitude augmentée » de la personne dépendante rendue autonome, mais aussi invisible, au reste de la société, ou à la « solidarité augmentée » si elle permet à la personne dépendante de réintégrer le corps social.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les choix technologiques sont des choix politiques</strong> – nous ne pouvons l’ignorer au pays du nucléaire. Le financement public de la recherche, l’encadrement éthique de la recherche par la loi, les politiques de soutien à l’innovation et à la diffusion, le choix des filières d’excellence à favoriser en Europe et en France, peuvent aujourd’hui être instrumentalisés par les acteurs dominants de la première branche de l’alternative, ou mis au service du renforcement de la seconde. Nous devons donc <strong>réinvestir politiquement le champ technologique sur un mode qui ne soit pas celui de l’acceptation sociale des technologies<a href="#_ftn3">[3]</a></strong> mais du pilotage unifié de l’innovation technologique et de l’innovation sociale, pour ouvrir une voie politique nouvelle, indispensable à l’émergence de la société créative.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour que les citoyens aient les moyens de participer à ces choix, <strong>les chercheurs doivent enfin assumer un nouveau devoir, celui de diffuser et vulgariser</strong>, considéré comme une nouvelle tâche aussi noble que celle de transmission (l’enseignement) et celle de production (recherche, innovation). Si cela figure dans les statuts de nombreux organismes scientifiques, force est de reconnaître que cela reste trop souvent un vœux pieux, malgré les efforts des pionniers. Cela permettrait par ailleurs d’inscrire dans le paysage institutionnel les riches expériences des universités populaires ou de « tous les savoirs », par exemple.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Un nouveau positionnement de l’action publique</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Décrire un &laquo;&nbsp;nouveau modèle de développement&nbsp;&raquo; adapté au monde d&#8217;aujourd&#8217;hui et aux aspirations sociales, ce n&#8217;est pas seulement décrire un état idéal, mais aussi – surtout – un processus. Un processus qui, en son cœur, associe la société et ceux qui la composent à la conception et la production des produits, des services, des cycles économiques, des trajectoires de vie, des politiques publiques. Il ne s&#8217;agit pas seulement de démocratie participative, même si celle-ci doit aussi devenir la norme d&#8217;une action politique socialiste : les citoyens ne sont plus seulement conviés à discuter, mais à imaginer et agir par eux-mêmes.</p>
<p style="text-align: justify;">Vouloir cela ne signifie pas placer l&#8217;action publique en situation de spectateur et d&#8217;accompagnateur. <strong>L&#8217;intervention publique est indispensable pour fixer des ambitions, proposer des objectifs, créer ou soutenir les &laquo;&nbsp;écosystèmes&nbsp;&raquo; d&#8217;innovation ouverte, développer et protéger les &laquo;&nbsp;communs&nbsp;&raquo;.</strong> Elle doit favoriser les échanges et les interconnexions, aider les initiatives les plus fécondes à s&#8217;appliquer ailleurs, voire à se généraliser. Elle doit aussi jouer un rôle de régulation et d&#8217;évaluation : toutes les innovations ne produisent pas des résultats bénéfiques, et ces résultats s&#8217;observent parfois <em>a posteriori</em> plutôt qu&#8217;<em>a</em> <em>priori</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Les leviers traditionnels de l&#8217;action publique, en particulier ceux de l&#8217;État, sont cependant mal adaptés à de tels objectifs. Nous devons <strong>inventer un positionnement différent de l&#8217;action publique</strong> : créer des espaces &laquo;&nbsp;hors marché&nbsp;&raquo; qui visent à mettre le plus grand nombre en capacité d&#8217;agir ; favoriser la diversité des réponses économiques, sociales et écologiques, tous en définissant le cadre dans lequel elles partagent, s&#8217;étendent et trouvent leur cohérence ; soutenir, mutualiser, partager, aider à faire plutôt que faire soi-même. Lorsque l&#8217;État soutient, il doit le faire en confiance, en évaluant certes, mais en admettant également qu&#8217;un projet, qu&#8217;il s&#8217;agisse de recherche ou d&#8217;innovation, est appelé à évoluer, à se transformer dans le temps. Enfin, l&#8217;État doit aussi s&#8217;appliquer à lui-même l&#8217;impératif d&#8217;innovation ouverte. <strong>Sous prétexte de modernisation, la Révision générale des politiques publiques (RGPP) bloque toute innovation à visée autre que comptable et retire tout droit d&#8217;initiative aux fonctionnaires</strong>. Faire confiance à la société commence, pour les acteurs publics, par faire confiance à leurs propres agents !</p>
<p style="text-align: center;"><strong>*</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>*    *</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;objectif écologique s&#8217;ajoute aux enjeux économiques et sociaux pour créer un nouvel ordre de complexité ; la société s’émancipe des institutions publiques et économique : voilà les deux déterminants de la métamorphose en cours. La gauche a tous les atouts pour s&#8217;en saisir et proposer à la France un modèle puissant, novateur, efficace et désirable : la société créative, pour tous.</p>
<p style="text-align: justify;">
<hr style="text-align: justify;" size="1" />
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref1">[1]</a> L’évolution actuelle du monde de la recherche semble s’acharner à ressembler à la vision apocalyptique que dressait – comme un repoussoir – le grand physicien hongrois Léo Szilard dès 1961 : « Créez une fondation, dotée de trente millions de dollars par an. Les chercheurs impécunieux pourraient demander une subvention, à condition que leurs arguments soient convaincants. Organisez dix comités, composés chacun de douze savants, et donnez-leur pour tâche de transmettre ces demandes. Enlevez à leurs laboratoires les savants les plus actifs et nommez-les membres de ces comités. (…) Les meilleurs savants passeraient leur temps dans les comités à transmettre les demandes de subventions. Ensuite, les travailleurs scientifiques impécunieux s’appliqueraient à résoudre des problèmes fructueux qui leur permettraient presque certainement d’arriver à des résultats publiables. Il est possible que la production scientifique s’accroisse énormément pendant quelques années mais, en ne recherchant que l’évident, la science serait bientôt tarie. Elle deviendrait quelque chose comme un jeu de société. Certains sujets seraient considérés comme intéressants, d’autres non. il y aurait des modes. Ceux qui suivraient la mode recevraient des subventions, les autres, non. Et ils apprendraient bien vite à suivre la mode. » (<em>La Voix des Dauphins</em>, Présence du Futur – Denoël, 1962).</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref2">[2]</a> Moneo, Sesame Vital ou l’asservissement croissant des personnels d’agences bancaires de proximité à leur système d’information en sont d’excellents exemples puisqu’ils imposent, pour réaliser des échanges locaux, l’utilisation d’un système technique fermé et la sollicitation d’un « centre » distant des acteurs.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref3">[3]</a> Robert Oppenheimer, le père de la bombe atomique, regrettait que les discussions éthiques sur la bombe à hydrogène aient de fait pris fin dès l’instant que la faisabilité de cette dernière eût été démontrée. C’est bien la preuve que la réflexion politique doit irriguer, et non accompagner, le développement technologique : quand la boîte de Pandore est ouverte, on n’a plus le loisir de la refermer – autant ne pas se tromper de boîte !</p>
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		<title>La lettre du Lab n°5: raisonner la déraison d&#8217;Etat</title>
		<link>http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/index.php/2010/03/la-lettre-du-lab-n%c2%b05-raisonner-la-deraison-detat/?utm_source=rss&amp;utm_medium=rss&amp;utm_campaign=la-lettre-du-lab-n%25c2%25b05-raisonner-la-deraison-detat</link>
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		<pubDate>Thu, 25 Mar 2010 15:27:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/wp-content/uploads/2010/03/Image-2.png"><img class="alignleft size-medium wp-image-769" title="Image 2" src="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/wp-content/uploads/2010/03/Image-2-300x245.png" alt="Image 2" width="201" height="163" /></a>Rétention de sûreté, mesures d'exception ou contournement de l'Etat : face à la frénésie sécuritaire, Mireille Delmas-Marty et Jean-Jacques Urvoas prennent le temps de réfléchir aux moyens de protéger les individus tout en garantissant leurs libertés, dans <a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/mail/n5/lab-n5-long.html">la 5ème édition de la Lettre du Lab</a>. Un edito de Marylise Lebranchu et des liens vers des références thématiques intéressantes permettent d'ouvrir le débat.

Comme d'habitude, vous trouverez également un aperçu de l'agenda du Laboratoire des idées pour la quinzaine qui vient.


Articles connexes&nbsp;:<ol><li><a href='http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/index.php/2010/02/la-lettre-du-lab-n%c2%b04-plaidoyer-pour-la-justice-sociale/' rel='bookmark' title='Permanent Link: La lettre du Lab n°4 : plaidoyer pour la justice sociale'>La lettre du Lab n°4 : plaidoyer pour la justice sociale</a></li><li><a href='http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/index.php/2010/02/la-lettre-du-lab-n%c2%b02-sur-le-destin-des-enfants-dimmigres/' rel='bookmark' title='Permanent Link: La lettre du Lab n°2, sur &laquo;&nbsp;Le destin des enfants d&#8217;immigrés&nbsp;&raquo;'>La lettre du Lab n°2, sur &laquo;&nbsp;Le destin des enfants d&#8217;immigrés&nbsp;&raquo;</a></li><li><a href='http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/index.php/2010/01/la-lettre-du-lab-n%c2%b01/' rel='bookmark' title='Permanent Link: La Lettre du Lab n°1 : vers des ghettos scolaires ?'>La Lettre du Lab n°1 : vers des ghettos scolaires ?</a></li></ol>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/wp-content/uploads/2010/03/Image-2.png"><img class="alignleft size-medium wp-image-769" title="Image 2" src="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/wp-content/uploads/2010/03/Image-2-300x245.png" alt="Image 2" width="201" height="163" /></a>Rétention de sûreté, mesures d&#8217;exception ou contournement de l&#8217;Etat : face à la frénésie sécuritaire, Mireille Delmas-Marty et Jean-Jacques Urvoas prennent le temps de réfléchir aux moyens de protéger les individus tout en garantissant leurs libertés, dans <a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/mail/n5/lab-n5-long.html">la 5ème édition de la Lettre du Lab</a>. Un edito de Marylise Lebranchu et des liens vers des références thématiques intéressantes permettent d&#8217;ouvrir le débat.</p>
<p>Comme d&#8217;habitude, vous trouverez également un aperçu de l&#8217;agenda du Laboratoire des idées pour la quinzaine qui vient.</p>
<p>Pour lire la lettre en PDF, <a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/wp-content/uploads/2010/03/LAB-La-Lettre5-Raisonner-la-déraison-dEtat.pdf">cliquez ici</a>.</p>
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		<title>La lettre du Lab n°4 : plaidoyer pour la justice sociale</title>
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		<pubDate>Sat, 27 Feb 2010 18:49:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[La bataille des idées au quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[Laboratoire des Idées]]></category>
		<category><![CDATA[déclaration de Philadelphie]]></category>
		<category><![CDATA[justice sociale]]></category>
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		<description><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img src="file:///Users/rbeaucher/Library/Caches/TemporaryItems/moz-screenshot.jpg" alt="" /><a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/mail/n4/lab-n4-long.html"><img class="size-medium wp-image-755 alignleft" title="Lettre du Lab n°4" src="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/wp-content/uploads/2010/02/Image-1-300x267.png" alt="Image 1" width="201" height="179" /></a>
</a>Dans cette <a title="La lettre du Lab n°4" href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/mail/n4/lab-n4-long.html" target="_self">quatrième édition de la Lettre du Lab</a>, vous trouverez notamment un entretien croisé entre Alain Supiot, professeur de droit, directeur de l'Institut d'études avancées de Nantes, et Alain Vidalies, spécialiste du droit du travail, député des Landes et Secrétaire national du Parti socialiste en charge du travail et de l’emploi, autour du dernier ouvrage d'Alain Supiot, "L'esprit de Philadelphie".

Dans l'edito, Marylise Lebranchu revient sur cet essai, qui "nous est précieux car nous devons refonder un «compromis social » contemporain, qui soit aussi visionnaire et juste que celui de 1944."

Dans la revue de web, des liens vers des textes, des photos et des vidéos en lien avec le travail d'Alain Supiot.

Et toujours l'agenda du Lab pour la prochaine quinzaine!


Articles connexes&nbsp;:<ol><li><a href='http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/index.php/2010/01/la-lettre-du-lab-n%c2%b01/' rel='bookmark' title='Permanent Link: La Lettre du Lab n°1 : vers des ghettos scolaires ?'>La Lettre du Lab n°1 : vers des ghettos scolaires ?</a></li><li><a href='http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/index.php/2010/04/une-societe-creative-pour-tous/' rel='bookmark' title='Permanent Link: La société créative, pour tous'>La société créative, pour tous</a></li><li><a href='http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/index.php/2009/10/frank-burbage-quel-socialisme-pour-demain/' rel='bookmark' title='Permanent Link: Frank Burbage : &laquo;&nbsp;Quel socialisme pour demain?&nbsp;&raquo;'>Frank Burbage : &laquo;&nbsp;Quel socialisme pour demain?&nbsp;&raquo;</a></li></ol>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img src="file:///Users/rbeaucher/Library/Caches/TemporaryItems/moz-screenshot.jpg" alt="" /><a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/mail/n4/lab-n4-long.html"><img class="size-medium wp-image-755 alignleft" title="Lettre du Lab n°4" src="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/wp-content/uploads/2010/02/Image-1-300x267.png" alt="Image 1" width="201" height="179" /></a><br />
</a>Dans cette <a title="La lettre du Lab n°4" href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/mail/n4/lab-n4-long.html" target="_self">quatrième édition de la Lettre du Lab</a>, vous trouverez notamment un entretien croisé entre Alain Supiot, professeur de droit, directeur de l&#8217;Institut d&#8217;études avancées de Nantes, et Alain Vidalies, spécialiste du droit du travail, député des Landes et Secrétaire national du Parti socialiste en charge du travail et de l’emploi, autour du dernier ouvrage d&#8217;Alain Supiot, &laquo;&nbsp;L&#8217;esprit de Philadelphie&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Dans l&#8217;edito, Marylise Lebranchu revient sur cet essai, qui &laquo;&nbsp;nous est précieux car nous devons refonder un «compromis social » contemporain, qui soit aussi visionnaire et juste que celui de 1944.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Dans la revue de web, des liens vers des textes, des photos et des vidéos en lien avec le travail d&#8217;Alain Supiot.</p>
<p>Et toujours l&#8217;agenda du Lab pour la prochaine quinzaine!</p>
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		<title>La qualité de l&#8217;eau : un défi majeur</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Feb 2010 11:58:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Laboratoire des Idées]]></category>
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		<description><![CDATA[<a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/wp-content/uploads/2010/02/624581636_f34be2d903.jpg"><img class="size-medium wp-image-730" title="624581636_f34be2d903" src="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/wp-content/uploads/2010/02/624581636_f34be2d903-200x300.jpg" alt="Photo de Gilles Chiroleu, 2007, CC" width="200" height="300" /></a> Raréfaction de la ressource, pollutions multiples, modes de gestion contestés, prix jugés peu transparents, l'accès à une eau de qualité devient un enjeu croissant en France. Les 3 premières réunions du groupe de travail « eau, les bonnes pratiques » ont porté sur l’état des lieux, notamment <strong> l’état qualitatif de la ressource, qui fait ici l'objet d'un premier texte du groupe. </strong>

Dans un second temps seront abordés la question de la maîtrise démocratique de la gestion de l’eau, l’impact des règles communautaires sur l’évolution de notre législation et les innovations technologiques.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<div id="attachment_730" class="wp-caption alignleft" style="width: 210px"><a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/wp-content/uploads/2010/02/624581636_f34be2d903.jpg"><img class="size-medium wp-image-730" title="624581636_f34be2d903" src="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/wp-content/uploads/2010/02/624581636_f34be2d903-200x300.jpg" alt="Photo de Gilles Chiroleu, 2007, CC" width="200" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Photo de Gilles Chiroleu, 2007, CC</p></div>
<p style="text-align: justify;">Souvent citée en modèle après les nombreuses innovations dont elle a témoigné, <strong>la gestion de l’eau en France affronte depuis plusieurs années de considérables défis environnementaux, techniques, organisationnels et financiers</strong>. Enjeu majeur d’un développement soutenable, les réponses qui y seront apportées définiront pour une bonne part le cadre de vie des générations futures.</p>
<p style="text-align: justify;">Les modalités de gestion de la ressource aquatique inventées en France à l’orée des années 60 font figure de modèle, qui a largement été exporté dans le monde. Elle se caractérise par la prise en compte de tous les enjeux liés à l’eau à l’échelle d’un bassin versant, soit le territoire baigné par un fleuve ou une rivière, de sa source à son embouchure. Ce qui permet de <strong>réguler tous les usages de l’eau : pour l’alimentation humaine, l’énergie, l’industrie, l’agriculture, les loisirs, la préservation et l’amélioration des milieux aquatiques…</strong> Et de déployer une gouvernance qui associe un très grand nombre d’acteurs au sein d’institutions spécifiques, qui participent aux côtés des services de l’Etat et des grandes entreprises privées du secteur à la mise en œuvre d’actions et de programmes, de plus en plus orientés depuis une vingtaine d’années par des directives communautaires, dont la plus importante, la Directive-cadre sur l’eau d’Octobre 2000, largement inspirée par les acquis de « <strong>l’Ecole française de l’eau</strong> », impose à tous les états-membres de rétablir un bon état écologique et chimique de toutes les masses d’eau à l’horizon 2015.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Un défi gigantesque</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le défi est immense, compte tenu de la dégradation croissante de la qualité des ressources en eau, massivement polluées par des rejets agricoles, urbains et industriels. Il engage à des investissements qui se chiffrent en dizaines de milliards d’euros. De surcroît, il s’agit désormais de <strong>passer d’une logique de moyens à une obligation de résultats</strong> qui, s’ils ne sont pas atteints, peuvent entraîner de lourdes sanctions communautaires, soit des amendes qui peuvent atteindre des dizaines, voire des centaines, de millions d’euros.</p>
<p style="text-align: justify;">Dès les années 60 la dégradation de la qualité de l’eau pouvait s’observer en cotoyant les rivières françaises. A cette époque, les usines et les villes étaient rendues responsables de la pollution de l’eau. La pollution agricole commençait à se manifester. De nature diffuse, ses effets étaient difficiles à repérer. Elle était donc ignorée des décideurs, des médias, et donc du grand public. Quant aux pollutions ponctuelles, elles étaient déversées dans un océan d’eau douce, lacs, fleuves et rivières, de bonne qualité générale, et dont l’état biologique était assez peu différent de ce qu’il avait été au cours des siècles précédents.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Agriculture et pollution</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Accomplissant sa &laquo;&nbsp;révolution chimique&nbsp;&raquo;, l’agriculture a commencé à peser très fortement dès les années 50 sur la dégradation de la qualité de l’eau. Engrais et pesticides de synthèse se sont répandus. Les doses ont très vite été augmentées. Puis cette utilisation massive s’est généralisée sur toute la surface agricole utile, soit environ 60% du territoire national, d’où un impact très important.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet excès d’engrais dont une partie s’échappe des sols, a fortement contribué à l’eutrophisation des eaux douces et des eaux du littoral, ainsi qu’à la pollution des nappes d’eau souterraines par les nitrates. Les pesticides et autres biocides, souvent diffusés sous forme d’aérosols, après avoir contaminé l’air, les sols, les fleuves, la neige des montagnes et des pôles, les produits alimentaires, ont fini par contaminer l’eau des nappes souterraines, la rendant parfois, et de plus en plus souvent, impropre à la consommation humaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les eaux superficielles, l’effet de ces produits a eu un effet dévastateur sur les écosystèmes. Il suffit qu’une bouffée de pesticide circule dans une rivière, pendant un temps relativement bref, une seule fois dans l’année, pour que tout l’édifice biologique soit appauvri. En fait, on observe aujourd’hui que <strong>la contamination est quasiment généralisée et se manifeste en permanence. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Un enjeu de société majeur</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">L’amélioration réelle des ressources en eau est notamment liée à l’évolution des pratiques agricoles, qui dépendent elles-mêmes des nouvelles orientations de la Politique agricole commune (PAC), qui sera révisée en 2013. Des efforts considérables vont par exemple devoir être engagés pour rétablir la qualité des eaux en Bretagne, particulièrement affectées par les effluents des élevages hors-sol qui y sont concentrés.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs le financement des politiques publiques va être très fortement contraint par les investissements gigantesques qui vont devoir être consentis pour rénover les réseaux d’adduction d’eau potable et d’épuration des eaux usées qui entrent dans une période de renouvellement accéléré, avec la difficulté de l’acceptabilité sociale d’une forte augmentation du prix de l’eau, qui financera ces travaux dans les années à venir.</p>
<p style="text-align: justify;">Les effets déjà avérés du réchauffement climatique vont par ailleurs entraîner <strong>une forte variabilité d’événements hydrologiques extrêmes, inondations ou sécheresses</strong>, qui imposent de mettre en œuvre une nouvelle gestion intégrée des ressources.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Nouveaux défis</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Enfin de nouvelles inquiétudes sanitaires se font jour, qui vont imposer une sophistication croissante des traitements appliqués à l’eau et se traduisent par l’adoption de normes de plus en plus sévères. De nombreux « <strong>risques émergents pour la santé</strong> », à l’origine desquels on trouve les innombrables substances chimiques ou pharmaceutiques présentes dans l’eau, mobilisent les acteurs de l’eau, qui s’efforcent de répondre aux interrogations croissantes de l’opinion publique qui témoigne de son inquiétude en recourant de plus en plus massivement à la consommation d’eau en bouteille. Ce qui diminue le financement des politiques publiques. Enfin, ultime paradoxe, plus nous économisons l’eau, en restreignant notre consommation quotidienne, démarche louable, mais aussi en nous dotant, par exemple, d’équipements de traitement ou de récupération de l’eau de pluie, et plus le financement des politiques publiques s’en trouve là encore affecté…</p>
<p style="text-align: justify;">Les défis de la gestion de l’eau en France à l’horizon des toutes prochaines années sont donc considérables. Ils ne seront surmontés qu’au prix d’une <strong>remise en cause radicale des activités qui portent atteinte aux ressources aquatiques, comme des comportements individuels. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">On découvre ainsi seulement aujourd’hui, avec près de quarante ans de retard, que l’utilisation de certains composés chimiques, les polychlorobiphéniles (PCB), notamment dans les transformateurs électriques, à littéralement empoisonné les poissons présents dans les fleuves français, dont la consommation est désormais interdite. Des centaines de milliers de tonnes de sédiments sont en effet contaminés par ces « Polluants organiques persistants », l’un des douze composés chimiques qui ont été classés par l’ONU comme les plus dangereux pour la santé humaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre exemple, l’hypothèse de développement massif d’agrocarburants, en complément ou en substitution des cultures actuelles, doit être étudiée au regard de son impact sur la qualité des ressources en eau.</p>
<p style="text-align: justify;">L’eau n’est plus seulement un enjeu technique, dévolu aux ingénieurs, mais <strong>un véritable enjeu de société</strong>, qui conditionnera l’avenir des générations futures. Nous n’en avons pas encore pris toute la mesure.</p>
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		<title>La lettre du Lab n°3, sur &#171;&#160;le principe de prévention&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Feb 2010 09:24:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[La bataille des idées au quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[Laboratoire des Idées]]></category>
		<category><![CDATA[Marisol Touraine]]></category>
		<category><![CDATA[Patrick Peretti-Watel]]></category>
		<category><![CDATA[prévention]]></category>
		<category><![CDATA[santé]]></category>
		<category><![CDATA[soins]]></category>

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		<description><![CDATA[<a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/mail/n3/lab-n3.html"><img class="alignleft" src="http://www.apercite.fr/img.php?url=http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/mail/n2/lab-n2.html&#38;size=250x180" alt="Lettre du Lab n°2" width="109" height="81" /></a>Dans ce <a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/mail/n3/lab-n3.html">troisième numéro de la Lettre du Lab</a>, vous trouverez <strong>un entretien croisé entre Patrick Peretti-Watel</strong>, sociologue, co-auteur du <span style="text-decoration: underline;">Principe de Prévention</span> (Seuil, La République des Idées, 2009) <strong>et Marisol Touraine</strong>, secrétaire nationale du Parti socialiste à la santé et à la sécurité sociale, députée et vice-présidente du conseil général d'Indre-et-Loire, sur <strong>la place de la prévention dans la société que nous voulons.</strong>

Vous y trouverez également une revue de web sur le sujet, un edito de Christian Paul (président du lab) et l’agenda du Lab pour la quinzaine qui vient.


Articles connexes&nbsp;:<ol><li><a href='http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/index.php/2010/02/la-lettre-du-lab-n%c2%b04-plaidoyer-pour-la-justice-sociale/' rel='bookmark' title='Permanent Link: La lettre du Lab n°4 : plaidoyer pour la justice sociale'>La lettre du Lab n°4 : plaidoyer pour la justice sociale</a></li><li><a href='http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/index.php/2010/01/la-lettre-du-lab-n%c2%b01/' rel='bookmark' title='Permanent Link: La Lettre du Lab n°1 : vers des ghettos scolaires ?'>La Lettre du Lab n°1 : vers des ghettos scolaires ?</a></li><li><a href='http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/index.php/2010/02/la-lettre-du-lab-n%c2%b02-sur-le-destin-des-enfants-dimmigres/' rel='bookmark' title='Permanent Link: La lettre du Lab n°2, sur &laquo;&nbsp;Le destin des enfants d&#8217;immigrés&nbsp;&raquo;'>La lettre du Lab n°2, sur &laquo;&nbsp;Le destin des enfants d&#8217;immigrés&nbsp;&raquo;</a></li></ol>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/mail/n3/lab-n3.html"><img class="alignleft" src="http://www.apercite.fr/img.php?url=http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/mail/n2/lab-n2.html&amp;size=250x180" alt="Lettre du Lab n°2" width="109" height="81" /></a>Dans ce <a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/mail/n3/lab-n3.html">troisième numéro de la Lettre du Lab</a>, vous trouverez <strong>un entretien croisé entre Patrick Peretti-Watel</strong>, sociologue, co-auteur du <span style="text-decoration: underline;">Principe de Prévention</span> (Seuil, La République des Idées, 2009) <strong>et Marisol Touraine</strong>, secrétaire nationale du Parti socialiste à la santé et à la sécurité sociale, députée et vice-présidente du conseil général d&#8217;Indre-et-Loire, sur <strong>la place de la prévention dans la société que nous voulons.</strong></p>
<p>Vous y trouverez également une revue de web sur le sujet, un edito de Christian Paul (président du lab) et l’agenda du Lab pour la quinzaine qui vient.</p>
<p>Bonne lecture!</p>
<p>L&#8217;équipe du Lab</p>
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		<title>La lettre du Lab n°2, sur &#171;&#160;Le destin des enfants d&#8217;immigrés&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Feb 2010 09:15:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/mail/n2/lab-n2.html"><img class="alignleft" src="http://www.apercite.fr/img.php?url=http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/mail/n2/lab-n2.html&#38;size=250x180" alt="Lettre du Lab n°2" width="109" height="81" /></a>

Dans ce <a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/mail/n2/lab-n2.html">deuxième numéro de la Lettre du Lab</a>, Ali Soumaré (tête de liste PS dans le Val d'Oise pour les élections régionales) et Mirna Safi (socio-démographe) parlent du "destin des enfants d'immigrés", titre d'un essai de Claudine Attias-Donfut.

Vous y trouverez également une revue de web sur le sujet, un edito de Camille Peugny (sociologue) et l'agenda du Lab pour la quinzaine qui vient!


Articles connexes&nbsp;:<ol><li><a href='http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/index.php/2010/02/la-lettre-du-lab-n%c2%b03-sur-le-principe-de-prevention/' rel='bookmark' title='Permanent Link: La lettre du Lab n°3, sur &laquo;&nbsp;le principe de prévention&nbsp;&raquo;'>La lettre du Lab n°3, sur &laquo;&nbsp;le principe de prévention&nbsp;&raquo;</a></li><li><a href='http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/index.php/2010/02/la-lettre-du-lab-n%c2%b04-plaidoyer-pour-la-justice-sociale/' rel='bookmark' title='Permanent Link: La lettre du Lab n°4 : plaidoyer pour la justice sociale'>La lettre du Lab n°4 : plaidoyer pour la justice sociale</a></li><li><a href='http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/index.php/2010/01/la-lettre-du-lab-n%c2%b01/' rel='bookmark' title='Permanent Link: La Lettre du Lab n°1 : vers des ghettos scolaires ?'>La Lettre du Lab n°1 : vers des ghettos scolaires ?</a></li></ol>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/mail/n2/lab-n2.html"><img class="alignleft" src="http://www.apercite.fr/img.php?url=http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/mail/n2/lab-n2.html&amp;size=250x180" alt="Lettre du Lab n°2" width="109" height="81" /></a>Dans ce <a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/mail/n2/lab-n2.html">deuxième numéro de la Lettre du Lab</a>, Ali Soumaré (tête de liste PS dans le Val d&#8217;Oise pour les élections régionales) et Mirna Safi (socio-démographe) parlent du &laquo;&nbsp;destin des enfants d&#8217;immigrés&nbsp;&raquo;, titre d&#8217;un essai de Claudine Attias-Donfut.</p>
<p>Vous y trouverez également une revue de web sur le sujet, un edito de Camille Peugny (sociologue) et l&#8217;agenda du Lab pour la quinzaine qui vient!</p>
<p><a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/mail/n2/lab-n2.pdf ">Télécharger la lettre en PDF</a></p>
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		<title>La Lettre du Lab n°1 : vers des ghettos scolaires ?</title>
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		<pubDate>Thu, 14 Jan 2010 20:58:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[La bataille des idées au quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[Laboratoire des Idées]]></category>
		<category><![CDATA[Bartolone]]></category>
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		<category><![CDATA[égalité]]></category>

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		<description><![CDATA[Au centre de chaque Lettre, l'entretien croisé entre un chercheur et un politique, sur un sujet de fond qui fait l'actualité. Mais aussi des liens choisis vers des lieux de débat du web pour approfondir. Nous espérons que vous trouverez chaque mois matière à penser, interpeller et agir !

Pour ce <a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/mail/n1/mail.html">« numéro 1 » de la Lettre du Lab</a>, nous revenons sur l'impact de la fin programmée de la carte scolaire, à l'occasion de la publication d'un rapport de la Cour des comptes fin 2009.


Articles connexes&nbsp;:<ol><li><a href='http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/index.php/2010/02/la-lettre-du-lab-n%c2%b03-sur-le-principe-de-prevention/' rel='bookmark' title='Permanent Link: La lettre du Lab n°3, sur &laquo;&nbsp;le principe de prévention&nbsp;&raquo;'>La lettre du Lab n°3, sur &laquo;&nbsp;le principe de prévention&nbsp;&raquo;</a></li><li><a href='http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/index.php/2010/02/la-lettre-du-lab-n%c2%b04-plaidoyer-pour-la-justice-sociale/' rel='bookmark' title='Permanent Link: La lettre du Lab n°4 : plaidoyer pour la justice sociale'>La lettre du Lab n°4 : plaidoyer pour la justice sociale</a></li><li><a href='http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/index.php/2010/02/la-lettre-du-lab-n%c2%b02-sur-le-destin-des-enfants-dimmigres/' rel='bookmark' title='Permanent Link: La lettre du Lab n°2, sur &laquo;&nbsp;Le destin des enfants d&#8217;immigrés&nbsp;&raquo;'>La lettre du Lab n°2, sur &laquo;&nbsp;Le destin des enfants d&#8217;immigrés&nbsp;&raquo;</a></li></ol>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">L’équipe du Laboratoire des idées se joint à moi pour vous présenter ce <a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/mail/n1/mail.html">« numéro 1 » de la Lettre du Lab</a>, bi-mensuelle. Nous l’avons pensée comme un trait d’union – entre chercheurs et politiques, entre le Laboratoire des idées et les citoyens, entre les débats d’aujourd’hui et ceux de demain. Ce sont les missions du Lab.</p>
<p style="text-align: justify;">Au centre de chaque Lettre, <strong>l&#8217;entretien croisé entre un chercheur et un politique</strong>, sur un sujet de fond qui fait l&#8217;actualité. Mais aussi des liens choisis vers des lieux de débat du web pour approfondir. Nous espérons que vous trouverez chaque mois matière à penser, interpeller et agir !</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ce premier numéro, nous revenons sur <strong>l&#8217;impact de la fin programmée de la carte scolaire</strong>, à l&#8217;occasion de la publication d&#8217;un rapport de la Cour des comptes fin 2009. Dans le prochain numéro, nous aborderons le &laquo;&nbsp;destin des enfants d&#8217;immigrés&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Je vous souhaite bonne lecture de la lettre du Lab, et une très bonne année 2010 &#8211; qu&#8217;elle soit belle pour chacun et utile collectivement !</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Christian Paul, président du Laboratoire des idées du Parti socialiste</em></p>
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		<title>Libé enquête sur le Lab</title>
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		<pubDate>Sat, 26 Dec 2009 21:48:06 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[<img src="http://l.liberation.fr/img/content/lg_libe.gif" alt="Liberation.fr" />Une enquête de deux pages dans Libération du 22 décembre 2009, sur la première année de travail du Laboratoire des idées. Espoirs, obstacles, premières réalisations et plan de travail. C'est <a href="http://www.liberation.fr/politiques/0101609943-le-ps-secoue-par-sa-boite-a-idees">ici</a>.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://l.liberation.fr/img/content/lg_libe.gif" alt="Liberation.fr" />Une enquête de deux pages dans Libération du 22 décembre 2009, sur la première année de travail du Laboratoire des idées. Espoirs, obstacles, premières réalisations et plan de travail. C&#8217;est <a href="http://www.liberation.fr/politiques/0101609943-le-ps-secoue-par-sa-boite-a-idees">ici</a>.</p>
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		<title>Les enjeux de Copenhague</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Dec 2009 09:59:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/wp-content/uploads/2009/12/Image-1.png"><img class="aligncenter size-large wp-image-699" title="Laboratoire des idées - Copenhague" src="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/wp-content/uploads/2009/12/Image-1-1024x200.png" alt="Laboratoire des idées - Copenhague" width="1024" height="200" /></a>
Le Laboratoire des idées et le Secrétariat national à l'environnement ont co-produit la note sur les enjeux de Copenhague présentée lors du Bureau national extraordinaire du Parti socialiste du 2 décembre 2009.



Articles connexes&nbsp;:<ol><li><a href='http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/index.php/2009/08/civilisations-numeriques-la-societe-numerisee-aspirations-et-enjeux-politiques/' rel='bookmark' title='Permanent Link: Civilisations numériques : &laquo;&nbsp;La société numérisée : aspirations et enjeux politiques&nbsp;&raquo;'>Civilisations numériques : &laquo;&nbsp;La société numérisée : aspirations et enjeux politiques&nbsp;&raquo;</a></li></ol>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/wp-content/uploads/2009/12/Image-1.png"></a><a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/wp-content/uploads/2009/12/Image-1.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-699" title="Laboratoire des idées - Copenhague" src="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/wp-content/uploads/2009/12/Image-1.png" alt="Laboratoire des idées - Copenhague" width="1163" height="228" /></a><strong> </strong></p>
<p><strong>Le Laboratoire des idées et le Secrétariat national à l&#8217;environnement ont co-produit la note sur les enjeux de Copenhague présentée lors du Bureau national extraordinaire du Parti socialiste du 2 décembre 2009.</strong><a href="../wp-content/uploads/2009/12/Lab_Copenhague_note-d%C3%A9c2009.pdf"> Télécharger la note Copenhague du Bureau national du 2 décembre</a></p>
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		<title>&#171;&#160;La France qu&#8217;on aime&#160;&#187;: le discours de Martine Aubry à Rennes</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Dec 2009 09:55:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[L'identité de la France]]></category>
		<category><![CDATA[La bataille des idées au quotidien]]></category>
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		<category><![CDATA[discours de Rennes]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[identité]]></category>
		<category><![CDATA[Martine Aubry]]></category>
		<category><![CDATA[modèle]]></category>

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		<description><![CDATA[<a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/wp-content/uploads/2009/12/4154479899_492945f14f.jpg"><img class="size-medium wp-image-687" title="Martine Aubry à Rennes, le 2 décembre" src="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/wp-content/uploads/2009/12/4154479899_492945f14f-300x199.jpg" alt="Martine Aubry à Rennes, le 2 décembre" width="300" height="199" /></a>A l'occasion de la dernière étape du tour de France du Projet, qui avait débuté à Angoulême le 22 septembre, Martine Aubry a prononcé à Rennes le 2 décembre un discours de clôture où il est question de métissage, de cohésion sociale, des valeurs de la France et de la société que nous voulons.


Articles connexes&nbsp;:<ol><li><a href='http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/index.php/2009/11/introduction-au-debat-sur-la-nation-la-france-et-nous-tribune-de-christian-paul/' rel='bookmark' title='Permanent Link: Introduction au débat sur l&#8217;identité de la France: tribune de Christian Paul'>Introduction au débat sur l&#8217;identité de la France: tribune de Christian Paul</a></li></ol>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="mceTemp" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_687" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/wp-content/uploads/2009/12/4154479899_492945f14f.jpg"><img class="size-medium wp-image-687" title="Martine Aubry à Rennes, le 2 décembre" src="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/wp-content/uploads/2009/12/4154479899_492945f14f-300x199.jpg" alt="Martine Aubry à Rennes, le 2 décembre" width="300" height="199" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Martine Aubry à Rennes, le 2 décembre</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/wp-content/uploads/2009/12/DISCOURS-M-AUBRY-RENNES-DEC-2009-LA-FRANCE-QUON-AIME.pdf">Télécharger le discours de Rennes (PDF, 196 Ko)</a></p>
<p style="text-align: justify;">Rennes, le mercredi 2 décembre</p>
<p style="text-align: justify;">à Geneviève, Joël, Wali et Mustapha</p>
<p style="text-align: justify;">(Seul le prononcé fait foi)</p>
<p style="text-align: justify;">Chers amis,</p>
<p style="text-align: justify;">Vous venez de voir et d’entendre, dans ce film, des Français parler de la France qu’ils aiment, des valeurs qu’ils portent, et de la société dont ils rêvent.</p>
<p style="text-align: justify;">Ils sont venus dans ce Tour de France organisé par le Parti Socialiste pour parler de l’identité de la France avec ceux qui la font vivre, qui la construisent et qui la transforment.</p>
<p style="text-align: justify;">A chaque fois, des centaines de nos compatriotes ont pris le temps de venir réfléchir librement avec nous, et je les en remercie. Ils se sont souvent dépêchés de rentrer du travail. Ils ont renoncé à une soirée en famille. Pour parler de l’essentiel, de ce qui nous réunit. Des paroles fortes et souvent émouvantes.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien sûr, j’ai entendu la souffrance, le mal-être, le désarroi dans une société qui marche sur la tête. Mais j’ai ressenti aussi l’énergie de celles et de ceux qui créent, qui produisent, qui sont généreux et solidaires, et qui ont l’enthousiasme des bâtisseurs d’avenir.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ils nous ont parlé de la France qu’ils aiment et dont ils sont fiers. </strong> Et ce dont ils parlaient d’abord avec force, ce sont des grands principes qui fondent notre République : la liberté, l’égalité, la fraternité, et beaucoup ont ajouté la laïcité. Ils nous ont dit leur attachement à ces valeurs comme leur inquiétude de les voir abîmées.</p>
<p style="text-align: justify;">Je le dis ici avec solennité et même gravité : l’identité de la France est un joyau trop précieux pour être soumis aux aléas des joutes électorales et aux vivats d’une propagande gouvernementale.</p>
<p style="text-align: justify;">L’identité de la France, ce n’est pas la droite, ce n’est pas la gauche, c’est bien plus, c’est la République. Comme idée, la République a plus de deux siècles ! Comme régime, plus de cent ans ! Comme promesse intégralement tenue, elle est encore à parfaire !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Liberté, égalité, fraternité, laïcité, changer les mots en actes, voilà le grand défi. </strong>Je le dis avec la force puisée dans les rencontres avec ces milliers d’hommes et de femmes d’Angoulême à la Seyne-sur-Mer, de Tourcoing à Auch, de Grenoble à Nancy en passant par Cachan et aujourd’hui Rennes. <strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Voilà la France qu’on aime, celle que j’aime et dont je veux vous parler. </strong>La France qui ne doute pas de son identité. La France qui s’inquiète du recul de sa démocratie, de son modèle social et de son vivre ensemble. La France qui aspire à une nouvelle donne pour l’avenir.</p>
<p style="text-align: justify;">***</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Une identité républicaine </strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La France bien sûr, ce sont ses territoires, ses paysages naturels si divers, si beaux, ses montagnes qui l’élèvent, ses mers qui la caressent ou la giflent, ses plaines qui la posent. Ses monuments qui viennent rappeler notre passé, ses universités qui indiquent le futur. Ses écrivains, ses artistes, ses hommes de science, qui ont fait notre histoire et qui éclairent notre avenir.</p>
<p style="text-align: justify;">La France, c’est une langue admirable, une histoire vivante, un patrimoine remarquable, une culture dont nous héritons et que nous avons le devoir d’enrichir et de transmettre.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, <strong>être français, c’est </strong><strong>d’abord et surtout partager des valeurs, être un citoyen avec des droits et des devoirs, et vouloir construire ensemble un avenir commun </strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Oui, la France, se définit d’abord par ses valeurs. <strong>La France est un pays qui s’apprend plus qu’il ne s’hérite </strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">La France, ce sont les <strong> Droits de l’Homme et du Citoyen </strong>, qui portent un message de respect et de tolérance. C’est la France de Montesquieu, de Diderot, de Tocqueville, la France de la Déclaration de 1789, la France de tous ceux qui furent les défricheurs de la liberté.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La France, c’est l’égalité, et le modèle social qui la porte </strong>: égalité par l’école publique, égalité par la protection sociale, égalité par la redistribution. C’est un système de santé parmi les meilleurs au monde, une assurance-chômage pour tous, une retraite qui doit être décente. La France, c’est un pays où on ne doit laisser personne sur le côté de la route. C’est la France du programme du Conseil national de la Résistance qui demandait <em>« l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie </em>». Une belle phrase à méditer aujourd’hui ! Et c’est ce modèle social &#8211; héritage partagé &#8211; qui nous protège aujourd’hui face à la crise, ce modèle social avec lequel, il n’y a pas si longtemps, on nous disait qu’il fallait rompre.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La France, ce sont des services publics, la puissance publique au service de l’intérêt général. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La France, c’est le droit du sol, qui fait que toute personne qui naît et grandit en France est française </strong>. C’est une France accueillante et ouverte. Jules Ferry le disait avec force dans son discours d’Epinal en 1887 : «  <em>Au lieu de fermer la République, il faut l’ouvrir, l’ouvrir à tous les hommes de bonne volonté ! </em> ». Dans le même texte, il regrettait   ce <em>« patriotisme haineux et bruyant, qui ne fait pas œuvre d’union et d’apaisement, mais qui semble avoir pris pour programme de diviser et d’exciter les citoyens les uns contre les autres. » </em> À plus d’un siècle de distance, cette phrase garde –ô combien- toute son actualité.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La France, c’est la laïcité, qui accueille toutes les religions pourvu que la religion reste du domaine privé et qu’elle respecte le socle de nos valeurs communes </strong>. Comme disait Jaurès, à Castres en 1904 «  <em>démocratie et laïcité sont deux termes identiques </em>». Et il ajoutait : <em>« Pas plus que le moine ou le prêtre ne sont admis à se substituer aux officiers de l’état civil dans la tenue des registres [..], pas plus ils ne peuvent, dans l’accomplissement du devoir social d’éducation, se substituer aux délégués civils de la nation, représentants de la démocratie laïque. ». </em>C’est au nom de cette conception de la laïcité que nous avons été choqués des propos du Président de la République à Latran selon lesquels <em>« l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur parce que lui manquera toujours le sacrifice de sa vie » </em>. De même, nous considérons que la République n’a pas à demander à des imams d’éteindre les incendies des banlieues, comme ce fut le cas au moment des violences urbaines de 2005. C’est à la République d’assurer l’ordre, non aux religieux. C’est cela la laïcité. On voudrait aujourd’hui la qualifier de positive ; nous le récusons, car qualifier la laïcité de positive, c’est déjà commencer à la disqualifier.</p>
<p style="text-align: justify;">La République distingue la loi et la foi, c’est pourquoi son message est un rempart à la <em>« guerre des religions » </em> et au <em>« choc des civilisations » </em> que l’internationale des intégristes souhaite déclencher.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais la République protège la liberté de croyance et de conscience, et permet à chacun de l’exercer. Libre à chacun d’apporter sa réponse. Mais elle est personnelle, intime, tolérante. Elle ne saurait s’imposer aux autres consciences, ni se substituer à la loi des hommes. Préservons la laïcité, ne touchons pas à la loi de 1905 : elle n’est pas seulement le trésor de notre nation, elle est notre plus belle exportation au monde violent du 21ème siècle.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La France, c’est l’universalisme </strong>. La France se conçoit porteuse d’une mission qui la dépasse en faveur des Droits de l’Homme, en faveur de la coopération européenne et internationale, en faveur de la justice et du développement partagé. S’affirmer français, c’est toujours en même temps se sentir européen, se sentir internationaliste.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Etre Français, c’est en effet pour nous être européens </strong>. Il n’y a pas de continent où le dépassement des égoïsmes nationaux a été aussi fort. Ni d’autre continent où l’identité de chaque nation nourrit, enrichit, celle de tous les autres. Cela aussi, parce que nous aimons la France, nous le disons : l’Europe est notre avenir. Une Europe volontaire et solidaire, accueillante et innovante.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Etre français, c’est vouloir construire ensemble notre avenir. </strong> Notre identité n’est pas figée et continue à se forger. Voilà pourquoi Ernest Renan – comment ne pas le citer ici, un breton ! – écrivait à propos de la nation française que «  <em>si elle suppose un passé ; elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le [..] plébiscite de tous les jours. » </em>. Se réclamer chaque jour de sa devise et de ses valeurs, les faire vivre, voilà ce qu’est la France.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est de cette idée simple et sublime qu’est née la République, que la Révolution française résonna dans toute l’Europe, en 1789 comme deux siècles plus tard, en 1989. Comment oublier qu’à Bucarest, la foule qui se souleva contre la terreur du régime de Ceaucescu entonnait la Marseillaise, ce même <em>« contre nous de la tyrannie » </em> qui avait soulevé l’armée de Valmy.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>* </em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Notre histoire </strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><strong>Aimer la France, c’est accepter de regarder son histoire en face. </strong> Comme toutes les histoires, elle est riche. Elle a ses jours de gloire comme ses parts d’ombre.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes des citoyens responsables, pas des enfants devant des images d’Epinal. Cessons de nous décrire comme un pays constitué d’un peuple souche et rappelons nous toujours que ce qui nous unit, ce sont nos valeurs, celles qui nous ont permis le sursaut et le salut de notre pays même dans les périodes les plus difficiles.</p>
<p style="text-align: justify;">N’hésitons pas à dire que la France que nous aimons, c’est celle des ouvriers de 1848 sur les barricades de Paris, celle des Insurgés de 1851, pas celle du coup d’Etat de « Napoléon le petit » ; la France de la Commune, pas celle des Versaillais qui l’écrasèrent ; la France en bleu-blanc-rouge de la « Rue Montorgueuil » peinte par Monet, non le drapeau au nom duquel on réprima dans le sang les mineurs de Ricamarie ; la France de Zola qui accuse, pas celle qui condamna Dreyfus ; la France de Jaurès, pas de ceux qui l’ont assassiné parce qu’il refusait la guerre.</p>
<p style="text-align: justify;">La France que nous aimons, c’est celle qui a porté Léon Blum au pouvoir, pas celle des procureurs du procès de Riom qui lui imputaient je ne sais quel <em>« abaissement national » </em> à travers les 40 heures et les congés payés, mais qui en vérité lui reprochaient non ce qu’il avait fait, non ce qu’il avait dit, mais ce qu’il était.</p>
<p style="text-align: justify;">La France que nous aimons, c’est la France des Justes, pas celle des délateurs ; celle du général de Gaulle qui désobéit et ne plie pas, pas celle d’un maréchal de France aux ordres de l’occupant ; celle de l’Affiche rouge et de Manouchian qui parlait ainsi de notre triptyque : <em>« liberté, égalité, fraternité, ces mots qui disaient la France » </em>, de Paul Eluard et de <em>« Liberté j’écris ton nom » </em>, d’Aragon et de <em>« la Rose et le Réséda » </em> ; pas celle de Vichy, de ses lois scélérates, des rafles d’enfants au petit matin au Vel d’Hiv et ailleurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Notre histoire a connu l’esclavage, la colonisation, l’ordre moral, le renoncement de 1940, la collaboration. Se souvenir de ces taches noires de notre mémoire, c’est d’abord être capables de mieux construire l’avenir. C’est nous rendre plus forts.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nous n’avons pas à craindre cet exercice de vérité avec nous-mêmes. Car nous retrouverons aussi dans notre passé l’énergie et la volonté des grands combats qui ont construit notre nation et façonné notre identité. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Je pense à l’héritage des lumières. </strong> Montesquieu, Voltaire, Diderot, Rousseau nous ont dit combien les hommes sont d’abord des êtres de raison et comment ensemble ils sont maîtres de leur destin.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est la grande leçon des philosophes du 18 ème siècle qui se sont élevés contre l’ordre établi pour inventer la liberté ; pour penser un homme qui ne serait plus un sujet, mais un citoyen ; pour imaginer un homme qui ne serait plus enfermé dans sa condition, mais qui serait libre de se construire ; pour imaginer une société qui serait capable de se gouverner elle-même et de faire l’histoire ; pour proposer à l’Europe la paix et la perspective de son unification.</p>
<p style="text-align: justify;">La France s’est constituée en portant au plus haut cette conception.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Je pense bien sûr aux combats de la Révolution pour la liberté et la démocratie. </strong>Comme le dit admirablement Ferdinand Buisson, le fondateur de la Ligue des Droits de l’Homme : <em>« C’est parce qu’elle est la France de 1789, le pays d’où est parti cet appel, impossible à étouffer, appel à la liberté, à la justice et à la raison, appel à l’égalité, à la fraternité, c’est parce que la France a fait cela, que nous l’aimons. [..] Un Français n’est pas seulement un homme né en France, c’est un homme né de la France qui a l’esprit formé à son esprit, qui a appris d’elle à regarder toujours plus haut, à vouloir toujours plus de lumière, toujours plus de raison, toujours plus de fraternité. </em>»</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Je pense aussi à la Commune, </strong> qui réunit dans une même lutte les aspirations à la liberté, à la démocratie et à l’égalité sociale.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Je pense aux combats ouvriers du XIX e et du XXe siècle. </strong> Ils ont permis l’émancipation des ouvriers et des travailleurs. Ils ont ouvert la voie à un droit du travail et à la protection sociale.</p>
<p style="text-align: justify;">Je pense aux <strong> combats féministes </strong> pour l’égalité des droits, les combats d’Olympe de Gouges, de Flora Tristan, d’Hubertine Auclert, de Louise Michel et de toutes celles jusqu’à aujourd’hui qui se sont élevées contre l’injustice de la condition des femmes.</p>
<p style="text-align: justify;">Je pense à la <strong>Résistance </strong>, fondatrice de la France moderne, et son   combat pour la liberté, pour la dignité, pour l’honneur.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Je pense aux combats pour </strong><strong>la décolonisation, dont les traces sont encore douloureuses dans la société française et dans toute l’Afrique. </strong>On comprend ainsi les réactions scandalisées face au discours de Dakar, ou à cet amendement choquant sur les <em>« bienfaits » </em> de la colonisation. Sur ce point plus que tout autre, la France s’honorerait à aborder de front cette période de son histoire.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Je pense aux combats pour </strong><strong>la reconnaissance des droits des étrangers </strong>, qui se prolongent aujourd’hui avec les militants de RESF et les grèves des travailleurs sans papiers, et aux <strong> combats contre les discriminations de toutes sortes </strong>, qu’elles soient liées aux handicaps, au genre, à l’origine ou à l’orientation sexuelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces références ne forment pas un catéchisme. Je les cite parce que pour nous, à gauche et bien au-delà je le sais, ce sont les moments de notre histoire dont nous sommes les plus fiers. Et à travers ces combats, se sont forgées des valeurs qui constituent le cœur et la possibilité de notre vivre ensemble.</p>
<p style="text-align: justify;">*</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Des valeurs qui transforment la réalité </strong></h3>
<p style="text-align: justify;">La France, ce ne sont pas seulement des valeurs inscrites au fronton des mairies, mais la volonté de leur donner une réalité forte.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quand on pense à la France, on pense d’abord à un pays de liberté </strong>, où la justice et les médias sont indépendants, où l’on respecte la diversité des opinions. Et c’est pour cela que même pendant la crise, ce combat pour les libertés, nous le menons aujourd’hui. Le printemps des libertés, nous n’y renoncerons jamais.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quand on pense à la France, on pense aussi à son modèle social. </strong>Il fait rimer liberté avec égalité, parce qu’il n’y a pas de liberté réelle sans égalité. Oui, la France ne serait pas la France sans la sécurité sociale, sans la retraite par répartition, sans des services publics de qualité. La France n’est pas la France sans un Etat fort. <strong>La France n’est pas la France sans la passion de l’égalité. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Très tôt, il y a en France cette conviction que le progrès ne vaut que s’il profite à tous. Qu’il ne saurait y avoir d’efficacité économique sans justice sociale.</p>
<p style="text-align: justify;">Et disons les choses simplement. Ce qui se fissure aujourd’hui, c’est d’abord ce modèle social. Et les responsables, ce sont ceux qui favorisent les égoïsmes au détriment du collectif, qui remettent en cause la protection sociale et les services publics, qui imposent le bouclier fiscal et l’injustice. Ceux qui aujourd’hui, au nom de l’identité nationale, tentent de diviser les Français au lieu de les unir. Comment ne pas rappeler cette phrase du général de Gaulle : <em>« Il y a deux catégories de Français : ceux qui disent qu’il y a deux catégories de Français, et les autres. ». </em></p>
<p style="text-align: justify;">J’ai parlé tout à l’heure aussi de <strong>fraternité, de droits de l’homme et d’universalisme </strong>. Ces valeurs-là également, il ne suffit pas de les proclamer. Ceux qui enferment des enfants dans des centres de rétention, qui renvoient des réfugiés dans un pays en guerre, qui expulsent des lycéens et séparent des familles, ne défendent pas les Droits de l’Homme. Ceux qui ont proposé en modèle l’Amérique de Bush, ceux qui ont reçu des dictateurs en grande pompe ne défendent pas l’universalisme.</p>
<p style="text-align: justify;">Une femme m’a émue au cours des dernières semaines et je veux lui rendre hommage devant vous.   Depuis Berlin où elle a choisi de vivre, que nous dit-elle ? Que la France où l’on poursuit les enfants jusque dans leur école n’est pas, n’est plus la France. Elle a dit sa révolte, et elle persiste   malgré les intimidations de la droite la plus dure qui lui assigne un grotesque « devoir de réserve ». Cette femme, c’est Marie NDiaye. C’est l’une des plus grandes écrivaines françaises. Sa langue est superbe et parle de notre résistance à la détresse. Je le redis ce soir, ne touchez pas à Marie NDiaye. Ne touchez pas aux hommes et aux femmes de culture.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La France que nous aimons, c’est la France où Marie NDiaye aurait envie de revenir vivre. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">*</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Une nation métissée </strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><strong>C’est aussi une France qui s’assume pleinement comme la nation métissée qu’elle est aujourd’hui. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au long des siècles, la population française a additionné les origines diverses. Sous l’Ancien Régime, c’était la France des provinces, la France des patois, un royaume aux multiples institutions et particularités qui sont encore bien vivantes. Puis à partir de la fin du XIXe siècle, notre pays est devenu une grande terre d’immigration. Toute cette diversité, nous la retrouvons aujourd’hui dans les patronymes. Italiens, Belges, Espagnols, Russes, Arméniens, Allemands ou Polonais sont venus s’installer en France pour travailler dans les mines et les usines. À partir des années 60, c’est le tour de l’immigration marocaine, tunisienne et algérienne, suivie de peu par les populations d’Afrique noire. <strong>Tous donnent à la France son visage d’aujourd’hui. </strong> C’est ainsi que se construit chaque jour l’identité de la France. C’est celle partagée par Camus et Césaire.</p>
<p style="text-align: justify;">La France que nous aimons réunit toutes les histoires. Elle doit faire toute leur place aux descendants des immigrés qui ont combattu pour notre pays et tant contribué à le reconstruire, aux réfugiés fuyant les dictatures.</p>
<p style="text-align: justify;">Toutes ces arrivées ont modelé nos villes et nos campagnes, nos entreprises, nos habitudes, notre vie quotidienne, nos goûts, notre connaissance des autres et du monde, nos rêves, et font la France d’aujourd’hui. C’est cette France que chantent les Reggiani, Yves Montand, Mouloudji, Barbara, Edith Piaf ou Jean Ferrat. Tous métèques, comme le chantait Moustaki, tous amoureux de la France et de sa liberté.</p>
<p style="text-align: justify;">A ceux qui stigmatisent l’étranger, on a envie de répondre avec les mots simples de Charles Aznavour rendant hommage aux « Emigrants » : « <em>Comment crois-tu qu’ils sont venus ? / Ils sont venus, les poches vides et les mains nues / Pour travailler à tour de bras / Et défricher un sol ingrat / Comment crois-tu qu’ils ont souffert ? / Ils ont souffert, certains en décrivant l’enfer / Avec la plume ou le pinceau / ça nous a valu Picasso </em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, on entend dire : <em>« mais ils viennent d’Afrique, ils n’ont pas la même religion, les mêmes valeurs, ils ne veulent pas s’intégrer, ils continuent leurs traditions, ils ne font pas l’effort d’aller vers la culture de notre pays » </em>? Mais allez demander aux immigrés d’hier, Italiens ou Polonais, dont la religion était principalement chrétienne si eux-mêmes n’ont pas longtemps perpétué des traditions de leur pays d’origine. Mais surtout, ce n’est pas parce qu’on aime le pays d’où l’on vient, le pays de ses parents que l’on n’aime pas la France.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces arrivées souvent plus massives hier qu’aujourd’hui, se sont faites avec des heurts et des craintes. Mais, à chaque fois, la nécessité de l’époque, le temps qui fait son œuvre, mais aussi l’engagement des hommes et des femmes qui cherchaient à unir, à respecter les autres ont permis de continuer la France.</p>
<p style="text-align: justify;">Comment ne pas penser, ici à Rennes, à Mona Ozouf qui a magnifiquement parlé de cette tension permanente, <strong>de cette « composition française », </strong> de notre République unie, mais pas uniforme.</p>
<p style="text-align: justify;">Certains à droite nous expliquent que les immigrés n’auraient pas encore reçu les <em>« codes d’accès » </em> pour vivre en France. C’est bien la preuve – je le rappelle – du lien qu’elle établit entre le débat sur l’identité nationale et la question de l’immigration. C’est surtout un détournement de la vérité. Les principaux obstacles à l’intégration ne sont pas de nature culturelle. Ce sont les discriminations économiques et sociales, les échecs urbanistiques et les villes-ghettos, ou ce qui reste de racisme dans notre pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Arrêtons les mensonges. Arrêtons cette stigmatisation insupportable. Dénonçons les propos sur les mariages gris comme les interdictions des minarets en Suisse.</p>
<p style="text-align: justify;">Je veux à ce moment vous faire partager le bonheur que j’ai eu à lire ces paroles de l’écrivain libanais Amin Maalouf : «  <em>les sociétés devraient assumer, elles aussi, les appartenances multiples qui ont forgé leur identité à travers l’histoire ». </em></p>
<p style="text-align: justify;">L’égalité se gagne ou se perd à l’école, à l’entrée de l’hôpital, dans l’accès à l’emploi, dans le regard d’un DRH ou à l’entrée d’une boîte de nuit. La fraternité se gagne ou se dissout devant la porte d’une préfecture, dans la hantise d’une expulsion de sa famille chaque fois que l’on prend le métro, dans l’injustice des contrôles d’identité au faciès dans la rue ou dans le train.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour construire une identité commune, on ne commence pas par dire <em>« la France, tu l’aimes ou tu la quittes » </em>. On ne crée pas un ministère de l’Identité Nationale et de l’Immigration. En liant immigration et identité, on ne rend service ni aux migrants, ni à la France. Comment construire le vivre ensemble sur le refus de l’autre ?</p>
<p style="text-align: justify;">La France qu’on aime, c’est celle qui dit : <em>« La France, tu l’aimes, donc tu la construis avec nous » </em>. Il faut faire aimer la France  <strong>; </strong> aujourd’hui nos gouvernants aggravent les fractures sociales, abandonnent les banlieues, favorisent la promotion de quelques-uns et entretiennent la stigmatisation des jeunes et aussi des Français issus de l’immigration et des étrangers.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors sachons définir une politique d’immigration avec des règles claires et justes, définies en partenariat avec les pays d’origine. Faisons vivre le droit d’asile dans la France, terre des Droits de l’Homme. Et comme nous l’avons demandé, donnons un avenir ici dans notre pays, en régularisant ceux qui ont montré leur capacité d’intégration depuis plusieurs années sur notre territoire, ceux qui travaillent, cotisent, paient des impôts, ceux qui ont des enfants scolarisés…C’est cela aussi l’identité de la France.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>* </strong></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>La gauche et la nation </strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Certains prétendent que <strong>la gauche aurait un problème avec la nation </strong>. C’est un classique d’une certaine droite que d’essayer d’exclure la gauche de l’identité collective en l’accusant de mal servir notre pays. Cela rappelle d’ailleurs des heures sombres.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut citer en réponse les mots de Léon Blum devant ses juges au procès de Riom, lorsque le régime de Vichy l’accusait d’être anti-français : <em>« Je crois que vous ne pourrez pas nous chasser de l’histoire de ce pays. Nous n’y mettons pas de présomption, mais nous y apportons une certaine fierté : nous avons, dans un temps bien périlleux, personnifié et vivifié la tradition authentique de notre pays, qui est la tradition démocratique et républicaine. » </em></p>
<p style="text-align: justify;">Prolongeant ces paroles admirables de Blum, je voudrais rappeler la vérité historique.</p>
<p style="text-align: justify;">En France, <strong>ce qui a constitué la nation, c’est d’abord la Révolution. </strong> Contre les forces réactionnaires, ce sont les révolutionnaires qui ont fait de la nation, le détenteur de la souveraineté capable de se gouverner.</p>
<p style="text-align: justify;">Disons-le clairement : si la nation n’appartient pas à la gauche, dans notre pays, la nation est née par la gauche et par les opposants à l’ordre établi, à l’Assemblée Constituante. Elle est née d’un projet politique : le projet de l’émancipation de l’homme, le projet de la liberté démocratique, le projet de l’égalité citoyenne. Ce projet reste actuel, il est en construction permanente et il est partagé par beaucoup.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Alors cessons les faux procès et les vraies manipulations. Et regardons en face la vraie crise qui touche la France. C’est son modèle social qui est mis à mal, c’est la société qui se fissure. C’est cela que refusent les Français. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>* </strong></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Les visages du tour de France </strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Il n’y avait qu’à entendre les Français rencontrés dans ce tour de France. Des hommes et des femmes en difficulté parfois, mais des hommes et des femmes fiers, énergiques, chaleureux, prêts à se mobiliser pour changer leur pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous !</p>
<p style="text-align: justify;">Vous les salariés qui travaillez dur et qui gagnez peu ! Vous, les jeunes, qui galérez entre petit boulot, chômage et stage ! Vous, les parents, les familles, qui n’arrivez plus à faire face. Vous les retraités qui avez des projets et n’arrivez pas à les mener à bien. Je pense à cette dame de Nantes qui disait : «  <em>le social, ça s’en va, ça devient un peu comme les Etats-Unis, on enlève ce qui est social, on enlève même sur les allocations familiales… on touche même la famille. </em> ». Je pense aussi ce soir à cette mère au foyer de Charente-Maritime qui disait <em>« Mon fils a 7 mois, mon autre fils a 10 ans. Ils seront quoi ? Ils seront chômeurs. Ils sortent avec la carte de chômeur dans le ventre. Moi ça me fait peur ». </em> Qu’on ne puisse plus entendre cela dans notre pays, voilà qui nous assigne un devoir majeur !</p>
<p style="text-align: justify;">Je pense aussi à tous ceux qui servent la France et l’égalité au travers des services publics ! Vous les postiers, les cheminots qui luttez contre la privatisation, pas pour vous, mais pour que les services publics ne désertent pas les territoires déshérités. Vous les fonctionnaires, professeurs, médecins, magistrats. Comment ne pas citer les propos de cette femme qui disait, bientôt :   <em>« l’éducation ne sera plus nationale, l’hôpital ne sera plus l’assistance publique » </em> ou cette autre femme rencontrée à Nancy : «  <em>On est en train, en supprimant des postes, des tribunaux, des transports, de supprimer cette France terrienne, rurale qui pour moi est essentielle </em>. ». Cela, je leur dis, nous ne le laisserons pas faire, nous défendrons les services publics qui sont le patrimoine de ceux qui n’en ont pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Je pense aussi à nos chercheurs, nos ingénieurs, nos entrepreneurs, nos créateurs. Pour moi la France, c’est vous, vous les créateurs d’entreprises, les vrais entrepreneurs, les vrais créateurs d’emplois. Et vous, aujourd’hui, vous n’êtes pas aidés. <em>« Les banques marchent sur la tête, elles nous tournent le dos alors qu’on les a aidées. » </em> nous ont dit de multiples patrons de PME, artisans et commerçants croisés dans ce tour de France.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour moi la France, c’est vous, vous qui animez bénévolement les syndicats et les associations. Vous   les Français solidaires et fraternels, comme ce jeune homme rencontré à Grenoble venu nous demander ce qu’il pouvait faire pour aider à changer notre pays.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Oui, décidément, on est Français quand on partage les valeurs de la France et quand on veut construire ensemble son avenir. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">***</p>
<p style="text-align: justify;">*</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong>Quelle société voulons-nous ? </strong></h3>
<p style="text-align: justify;">En effet, <strong>la cohésion d’une nation, c’est de partager une communauté de destin. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le problème de la France n’est pas tant une panne d’identité qu’un présent difficile et une absence d’avenir. Ce qu’attendent les Français, c’est une nouvelle donne. C’est à nous, politiques, de redonner un sens à la société.</p>
<p style="text-align: justify;">Le système actuel marche sur la tête. Il faut en changer, transformer profondément notre manière de produire, de redistribuer, de consommer, mais aussi de vivre ensemble, je vais y revenir.</p>
<p style="text-align: justify;">*</p>
<p style="text-align: justify;">Mais je voudrais auparavant me faire le porte-parole des milliers d’hommes et de femmes rencontrées dans ce tour de France en évoquant trois urgences absolues. Autant le dire clairement : <strong>les Français s’interrogent moins aujourd’hui sur leur identité …que sur leurs fins de mois, leur emploi, et l’avenir de leurs enfants ! </strong></p>
<p style="text-align: justify;">•  <strong>La première urgence, c’est l’emploi et le pouvoir d’achat. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Face à la crise, le président de la République a choisi son camp : les « grands » seraient protégés et les « petits » paieraient.</p>
<p style="text-align: justify;">Aux premiers, il a accordé le bouclier fiscal, la suppression de la taxe professionnelle, le sauvetage des banques, ou plutôt des banquiers, car ni les PME ni les particuliers n’ont vu la couleur des milliards d’euros dont elles ont bénéficié.</p>
<p style="text-align: justify;">Les seconds, c’est à dire tous les autres, n’ont eu droit qu’à un plan de relance insuffisant sur l’investissement, insignifiant sur la consommation et inconséquent sur l’emploi. Et à cela, s’ajoute la farce du grand emprunt.</p>
<p style="text-align: justify;">Un chiffre éclaire ce lâchage présidentiel de la France du travail et quoiqu’en dise le Président de la République encore hier se félicitant de faire mieux que les autres. A la veille de la crise, en juillet 2008, la France et l’Allemagne avaient le même taux de chômage, 7,4%. Aujourd’hui, la France est à 10% et l’Allemagne à 7,6%. La condamnation est sans appel. La faute est grave. Les conséquences sont lourdes.</p>
<p style="text-align: justify;">Et qu’on ne nous parle pas de sortie de crise. Que les financiers soient sortis d’affaire, c’est indéniable. Les banques affichent des bénéfices insolents sans retour pour l’Etat et les français. La valse indécente des bonus, des stocks options et des parachutes dorés a repris dans les entreprises y compris celles qui se sont effondrées dans la crise.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais la crise sociale est bien là et malheureusement encore largement devant nous. On annonce 500 000 chômeurs de plus dans les mois qui viennent ! La situation est fragile, l’investissement ne se redresse pas, la consommation flanche, il faut la soutenir en donnant du pouvoir d’achat, comme il faut engager les investissements pour préparer l’avenir.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors je le redis au Président de la République : vous persistez et signez, la réalité vous rattrape. Prenez la mesure des difficultés et agissez.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les socialistes proposent quatre mesures simples </strong> : un remboursement de TVA de 200 euros à 16 millions de ménages pour relancer la consommation ; l’allongement de six mois des durées d’indemnisation du chômage et de chômage partiel pour accompagner les victimes de la crise ; la création immédiate de 150 000 emplois jeunes –premiers touchés par la crise- ; des moyens pour les collectivités locales qui réalisent les trois quart des investissements publics.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces mesures peuvent être financées par la suppression de la baisse de la TVA dans la restauration qui n’a eu aucun impact ; par une augmentation de 10% de l’impôt sur les sociétés des banques ; par la suppression de la subvention absurde aux heures supplémentaires ; par le remboursement des dettes de l’Etat aux collectivités locales.</p>
<p style="text-align: justify;">*</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- La deuxième urgence, c’est le logement </strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">La crise a mis des centaines de milliers d’hommes et de femmes dans la situation de ne plus pouvoir assumer leur loyer ou les charges de remboursement. Le logement est le premier poste budgétaire dans la consommation des ménages modestes, jusqu’à 50 % du budget dans certains cas.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors je veux aujourd’hui faire deux propositions simples : un plan massif de construction de logements et le gel des loyers pour cinq ans. Entre les locataires et les propriétaires, le balancier a franchi les limites du raisonnable. Il faut retrouver un équilibre. Et s’attaquer à la question de la précarité énergétique qui touche désormais une proportion préoccupante de la population.</p>
<p style="text-align: justify;">*</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La troisième urgence, c’est de mettre fin aux rémunérations excessives et aux avantages fiscaux indus </strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">La crise est dure, ces injustices la rendent insupportables.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les députés socialistes ont déposé des propositions de loi justes </strong> : l’abrogation du bouclier fiscal ; la limitation des bonus à la part fixe du salaire, la suppression des stock-options sauf pour les PME naissantes ; mais aussi la limitation de la hiérarchie des rémunérations.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà des propositions susceptibles de remettre la France à l’heure de la justice !</p>
<p style="text-align: justify;">***</p>
<p style="text-align: justify;">*</p>
<p style="text-align: justify;">Nos compatriotes veulent des solutions concrètes et immédiates à leurs problèmes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mais ils s’inquiètent aussi pour l’avenir de leur pays, pour celui de leurs enfants. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ils attendent de nous une vision de la société, un projet, une perspective de progrès. </strong> Ils demandent : si vous revenez au pouvoir en 2012, que ferez-vous ? Où voulez-vous conduire notre pays ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Je ne vais pas là bien sûr vous décliner le projet des socialistes pour 2012. </strong> Ce projet est en chantier et nous avançons fortement. Ce tour de France nous a conforté dans nos certitudes.</p>
<p style="text-align: justify;">La première certitude est que <strong>l’heure n’est plus à proposer quelques adaptations au système actuel, il faut en changer </strong>. La crise est globale, la réponse doit être globale.</p>
<p style="text-align: justify;">Deuxième certitude, il est <strong>temps de renoncer à nos renoncements </strong>. La sociale démocratie traditionnelle a accouché d’un système de protection sociale qui est une référence dans le monde. Mais elle n’a pas su répondre aux enjeux de notre temps.   Il nous faut en effet réinventer les réponses aux défis de la mondialisation, des chocs démographiques, écologiques et technologiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Oui, c’est <strong>une nouvelle donne que nous devrons proposer </strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">*</p>
<p style="text-align: justify;">- <strong>Une nouvelle donne économique et durable </strong>d’abord, en s’appuyant sur un Etat stratège qui régule puissamment l’économie, en oriente le cours et corrige les excès du marché ; un Etat stratège qui soutient la recherche et prépare l’avenir.</p>
<p style="text-align: justify;">L’Etat devra donner au moins <strong>trois directions </strong> à l’économie de notre pays : <strong>conduire la mutation écologique de notre industrie, la révolution numérique de nos services et la transformation biologique et raisonnée de notre agriculture. </strong> Ce sont les révolutions industrielles du XXI° siècle.</p>
<p style="text-align: justify;">A nous de nous y engager pleinement. En n’oubliant jamais que le génie français, c’est de réussir le mariage entre l’innovation et la solidarité. Le TGV et le RER, l’internet à haut débit et le prix unique du timbre, le Génopole, et les centres de santé de proximité.</p>
<p style="text-align: justify;">Il ne s’agit pas de renoncer au progrès, à la science, à la technologie. Il s’agit de leur assigner une direction : le développement humain dans le respect de la planète.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour cela, soutenons la recherche aujourd’hui oubliée ; les créateurs, les innovateurs, les ingénieurs aujourd’hui supplantés par les financiers dans les entreprises ; les PME aujourd’hui étranglées par les banquiers.</p>
<p style="text-align: justify;">*</p>
<p style="text-align: justify;">- <strong>Nous voulons aussi une nouvelle donne sociale </strong><strong>fondée sur un autre partage des richesses, sur une fiscalité profondément redistributive et une </strong><strong>revalorisation du travail </strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">À la crise du chômage, s’ajoutent aujourd’hui une profonde crise du travail, un travail mal rémunéré et précarisé ainsi que des conditions de travail difficiles. La souffrance et le stress au travail, les maladies professionnelles, les harcèlements, les métiers pénibles et les rythmes absurdes se développent. N’oublions pas les suicides au travail, et je sais que la Bretagne à Lannion n’a pas été épargnée par ceux de France Telecom.</p>
<p style="text-align: justify;">Oui, il faut revaloriser le travail, non pas par des slogans du type <em>« travailler plus pour gagner plus » </em>, mais en retrouvant le chemin de l’emploi, de la juste rémunération du travail, de la reconnaissance des compétences des salariés. Il nous faut mettre en place de nouveaux droits adaptés à un monde où il faudra pouvoir changer d’entreprise et sans doute de métier, de nouveaux droits pour protéger contre les changements nécessaires, mais aussi pour progresser professionnellement. <strong>C’est ce que nous appelons la sécurité sociale professionnelle tout au long de la vie. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est par cette réelle revalorisation du travail que passe aussi l’émancipation de chaque homme et chaque femme. Elle s’adresse bien sûr aux salariés, mais aussi aux travailleurs indépendants, artisans, commerçants, créateurs de TPE ou de PME, et au monde des nouveaux métiers des services ou des technologies, qui font tous la richesse de notre pays. <strong>Renouer le fil avec et entre tous ces hommes et toutes ces femmes qui font la force de   notre économie et la richesse de notre pays, c’est l’un des enjeux majeurs pour la France, auquel le socialisme du XXI° siècle doit répondre </strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette nouvelle donne sociale doit permettre l’émancipation réelle de chacun et le développement de chaque territoire. <strong>Pour ce faire, il nous faut des services publics forts, mais aussi profondément rénovés </strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">En effet, il faut le dire, la gauche a souvent privilégié des réponses uniformes. Il nous faut aujourd’hui garder ces protections collectives que la droite veut mettre à bas, mais les adapter aux aspirations individuelles, aux difficultés et aux atouts de chacun.</p>
<p style="text-align: justify;">Il convient en effet de personnaliser les réponses : par exemple en accompagnant chaque personne âgée, en tenant compte de ses aspirations, de sa situation de santé et de ses moyens financiers pour qu’elle prenne toute sa place dans la société, qu’elle réalise ses projets. Nous devons aussi apporter à chaque enfant les soutiens, les méthodes pédagogiques et les rythmes scolaires dont il a besoin. Ceci nécessite, et nous le préparons, un nouveau pacte éducatif, en redonnant leur fierté et leur place aux enseignants.</p>
<p style="text-align: justify;">Ceci nécessite aussi de donner à chaque jeune <strong>une allocation d’autonomie </strong> pour se former, se loger et construire sa vie, quelle que soit la situation de ses parents. C’est ainsi que nous permettrons à cette jeune fille de la Seyne-sur-Mer, qui nous a tous émus, de construire sa vie.</p>
<p style="text-align: justify;">*</p>
<p style="text-align: justify;">- <strong>Nouvelle donne économique, nouvelle donne sociale mais aussi nouvelle donne démocratique </strong> face à un président autocratique qui veut décider de tout et mettre tous les pouvoirs sous sa coupe. Il nous faudra en 2012, construire une 6ème république fondée sur un régime parlementaire fort, des contre-pouvoirs restaurés, une presse et une justice indépendante, une vraie décentralisation, une démocratie sociale renouvelée ainsi que de nouvelles formes de participation des citoyens à la vie publique.</p>
<p style="text-align: justify;">- <strong>Nouvelle donne internationale enfin </strong> <strong>: </strong> une France respectée dans les enceintes internationales, pour son indépendance, pour ses valeurs. Une France fer de lance d’une Europe politique, économique et sociale-écologique, porteuse d’un message universel vers le monde, un nouveau monde solidaire avec le Sud.</p>
<p style="text-align: justify;">*</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ce nouveau projet pour la France, vous l’avez compris, s’appuie profondément sur les valeurs de notre identité. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il redonne du sens à une société qui l’a perdue sous les coups de butoir du libéralisme financier et de ceux qui le soutiennent.</p>
<p style="text-align: justify;">Redonner du sens, c’est faire à nouveau rimer liberté et égalité, sachant que sans droits réels d’accès à l’éducation, au logement, à la santé,   à l’emploi, on n’est pas libre de construire sa vie.</p>
<p style="text-align: justify;">Redonner du sens, c’est faire aussi des individus, des citoyens respectueux des règles et respectueux des autres.</p>
<p style="text-align: justify;">Pas plus qu’aujourd’hui, la droite ne peut nous donner des leçons en matière économique ou de gestion tant son échec est grand, elle ne pourra non plus nous donner à l’avenir de leçons sur la sécurité. Quand, par idéologie, on supprime des effectifs dans la justice et la police, quand on supprime la police de proximité, quand on ne s’attaque pas aux causes profondes qui engendrent la violence, et bien l’échec est patent.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais donner du sens, c’est aussi demander aux Français -et ils l’attendent, ils nous l’ont dit-, de nous aider à former une société plus solidaire et plus fraternelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Il nous faut construire des nouveaux liens entre les personnes, des solidarités concrètes et collectives. Il nous faut retrouver le souci de l’autre : tendre la main à un enfant qui dérape, lutter contre l’isolement des plus âgés ou des plus exclus, avoir un autre regard sur ceux qui sont différents…</p>
<p style="text-align: justify;">Cette société là, j’en suis convaincue, correspond à la France qu’on aime.</p>
<p style="text-align: justify;">Le bonheur d’une société ne se résume pas à l’accumulation de biens matériels, même si chacun doit pouvoir bénéficier de l’essentiel pour vivre.</p>
<p style="text-align: justify;">Le bonheur, c’est de ne pas être obligé de travailler le dimanche : on a six jours pour avoir, pour acheter, nous voulons garder un jour pour être, c’est-à-dire du temps pour soi, pour sa famille, pour les autres.</p>
<p style="text-align: justify;">Le bonheur c’est de vivre dans une société apaisée parce que juste, et donnant sa chance à chacun.</p>
<p style="text-align: justify;">Le bonheur, c’est de nouer autour de soi des relations amicales et affectives.</p>
<p style="text-align: justify;">Le bonheur, c’est aussi de partager les grandes émotions que nous apporte la culture.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dans le fond, ce que nous voulons, c’est une société qui prend soin de chacun, où chacun prend soin des autres, et où ensemble nous prenons soin de l’avenir.<br />
</strong><strong>C’est cela la France qu’on aime. Nous la ferons avec vous.<br />
</strong><strong>C’est cela le message de Rennes. </strong></p>
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